Comparer pour progresser

Qui n’a pas un jour fait du verbiage pour tenter de compenser un manque, une absence de profondeur dans sa pensée? C’est précisément ce à quoi se livre Alexandre Mayol au travers de son pamphlet, en détachant le fond de la forme: « je tiens à préciser que je ne vais pas rentrer dans le débat de fond ouvert par Victor, mais exclusivement m’attacher à critiquer l’argumentation qu’il emploie, sûrement malgré lui. » Après tout, pourquoi pas?

Mais je ne vous apprends rien en vous disant que l’incohérence nuit gravement à la crédibilité de tout propos. Or, n’est-ce pas justement cette incohérence que nous percevons aisément chez Alexandre lorsqu’il écrit quelques lignes plus loin que « s’il est possible de s’interroger pour savoir quel est le but réel de ma méthode argumentative », il va néanmoins « se concentrer sur l’être des choses et leur profondeur »? Ceci m’amène donc à penser que son pamphlet se voulait uniquement et résolument provocateur, avec pour seul but de créer ce que l’on a coutume de nommer un « buzz » et, en réalité, de ne jamais traiter le véritable sujet: le retard de la France sur des grandes questions sociales.

A contrario, je me suis efforcé de rester fidèle du début à la fin de mon article à ma démarche -taxée par mon collègue d’ « escroquerie intellectuelle »- et qui consistait à simplement vous montrer, à vous lecteurs, comment des pays proches de la France -géographiquement, économiquement, socialement- font face à une même réalité sur laquelle il serait hypocrite de fermer les yeux. Alexandre a le mérite de pointer d’autres sujets délicats, communs aux pays que je cite dans mon article. Son mérite s’arrête toutefois là, faute de pouvoir creuser la question. C’est le prix à payer lorsqu’on érige une frontière entre le fond et la forme. J’aimerais analyser tout particulièrement la question du mariage homosexuel, toujours à la lumière du droit comparé, pour montrer en quoi la France est effectivement en retard en la matière et comment l’approche comparative rend ce retard que plus saisissant.

A ce jour dix pays ont légalisé cette forme d’union, des pays où la religion tient pourtant une place prépondérante (Espagne, Portugal, Argentine), des pays où il y a encore peu était officiellement reconnue la ségrégation raciale (Afrique du Sud), des pays dont la France vante le modèle social (Canada, Norvège, Suède), des pays où il a fallu attendre le départ du pouvoir des conservateurs (Pays-Bas, Belgique, Etats-Unis). Aussi, que l’on ne s’y trompe pas: l’instauration en novembre 1999 du Pacte civil de Solidarité (PACS) n’a en rien permis une reconnaissance juridique du mariage homosexuel. A quelques mois des présidentielles de 2012 et parmi les deux favoris des sondages, François Hollande et Nicolas Sarkozy, seul le candidat socialiste s’est engagé à faire en sorte que le législateur octroie aux couples de même sexe ce droit à l’indifférence.

Au nom de quoi une certaine catégorie d’individus cotisant, payant des impôts au même titre que n’importe quelle autre catégorie d’individus ne pourrait-elle pas jouir des mêmes droits, notamment celui de pouvoir se marier et de fonder une famille au moyen d’un libre accès aux techniques procréatives ou à l’adoption? N’est-ce pas justement ici qu’il faut parler « d’apartheid entre les sexes » et non comme le fait le député de droite Christian Vaneste pour désigner l’homosexualité elle-même? Il est insupportable que le législateur français puisse continuer de penser que la prise en compte de l’orientation sexuelle de chacun permet vraiment de définir une catégorie pertinente de parents. Je ne crois pas me tromper en affirmant que « l’aptitude d’une personne à élever un enfant doit plutôt s’apprécier individuellement et non en fonction de préjugés (les homosexuels sont supposés vivre une vie dissolue est un exemple parmi d’autres) qui, même partagés par un grand nombre, n’en tirent pas pour autant une quelconque validité ». Il est encore plus insupportable que des juristes, à l’instar de Jean-Luc Aubert, puissent continuer de soutenir que « Impropre à assurer le renouvellement des membres qui composent celle-ci, l’homosexualité est, par nature, un comportement mortel pour la société », ou qu’un député comme Christian Vaneste, connu pour ses prises de positions homophobes, n’hésite pas à qualifier le mariage homosexuel « d’aberration anthropologique ». Prenez donc garde Monsieur Mayol lorsque vous employez une expression comme celle du « devenir même de notre société » pour évoquer l’euthanasie, mais qui peut très bien s’appliquer pour le mariage homosexuel, à ce qu’on n’en vienne pas à croire que ce cher Jean-Luc Aubert est votre maître à penser.

Libre à Alexandre de penser que la France n’accuse pas un retard sur la question de l’homoparentalité. Mais vous, pouvez-vous encore en douter quand de nombreuses études scientifiques, nationales comme étrangères, ont parfaitement démontré et continuent de démontrer que le fait d’avoir deux papas ou deux mamans ne représentait nullement un danger pour l’équilibre psychologique de l’enfant (aussi bien pour sa santé psychologique que pour son intégration sociale) mais que, malgré ces résultats, des adultes homosexuels, antérieurement dans une union hétérosexuelle au sein de laquelle un ou plusieurs enfants ont vu le jour, sont en France plus lésés que leur ancien(ne) conjoint(e) pour ce qui est du partage de l’autorité parentale en cas de séparation? Ainsi, en 1984, « pour des raisons psychologiques » et compte tenu qu’elle « reçoit fréquemment son amie en présence des enfants », la Cour d’appel de Paris confia au père la garde des enfants, précédemment octroyée à la mère, ce dernier garantissant « un plus grand facteur d’équilibre que le pseudo foyer de la mère avec la présence intermittente de son amie ». C’est de nouveau le cas, en 1988, où, dans une affaire similaire, la Cour d’appel de Grenoble estima que « la relation homosexuelle entretenue par la mère à son domicile ayant entraîné une perturbation psychologique des enfants constitue le motif grave exigé par l’article 292 du Code civil pour modifier l’attribution de l’autorité parentale en confiant celle-ci au père ». Un troisième exemple est celui où, en 1989, la Cour d’appel de Rennes opta pour un exercice unilatéral de l’autorité parentale au profit de la mère, considérant que « les relations homosexuelles du père étaient immorales et incompatibles avec l’exercice de l’autorité parentale sur des jeunes mineures, cela étant contraire à l’intérêt de leur santé, de leur moralité, de leur éducation et de leur scolarité ». Une justice qui tranche fréquemment contre le père ou la mère homosexuelle, sous couvert du motif fallacieux que l’orientation sexuelle de l’un des parents pouvait représenter une menace pour l’équilibre psychologique des enfants, est-ce le genre de justice que nous voulons? Assurément, non. Mais c’est bel et bien le genre de justice que nous avons. Les récents revirements de jurisprudence en la matière et, plus généralement, sur la question de l’homoparentalité ne doivent pas faire oublier que la France est à la traîne.

Qui peut encore croire que notre pays ne présente pas un handicap sur un sujet comme le mariage homosexuel et l’homoparentalité quand la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), rédigée notamment par René Cassin, adoptée à ce jour par 58 Etats, dont la France, prévoit en son article premier que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit », que ce texte réaffirme « le principe de non-discrimination qui exige que les droits de l’homme s’appliquent de la même manière à chaque être humain, indépendamment de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre » mais que notre Constitution n’assure au final que « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », ne prenant ainsi pas en compte l’orientation sexuelle de chacun?

De même que je n’ai jamais fait mention d’un quelconque « critère arithmétique » pour soutenir que la France était en retard sur la question des « salles de shoot », de même je n’ai pas besoin de recourir à pareil subterfuge pour soutenir une position identique sur la question du mariage homosexuel et de l’homoparentalité. Là encore Alexandre doit prendre garde à ne finir par être l’arroseur arrosé. En effet, à partir de mon énumération d’un certain nombre de pays proches de la France sur bien des points, il en a déduit qu’il s’agissait là d’un « critère arithmétique » que j’utilisais de sorte à discréditer notre pays. Pire, Alexandre a détourné mes véritables propos pour y voir chez moi une certaine apologie de la tyrannie de la majorité. En clair, puisque plusieurs pays européens ont légalisé les « salles de shoot », alors la France doit en faire de même, se plier à la volonté du « plus grand nombre ». S’il faut parler de malhonnêteté, « d’escroquerie intellectuelle », assurément Monsieur Mayol est le champion. M’attribuant des propos qui n’engagent, en réalité, que lui, il me paraît par conséquent inutile de m’attarder sur une de ses interrogations où l’allusion à la tyrannie de la majorité saute aux yeux: « Que dire de ces voix discrètes et parfois inaudibles de ceux qui, envers et contre le sens de l’histoire dominant, osaient courageusement s’ériger contre la majorité pour critiquer un mal en soi ? »

Pas besoin donc d’un quelconque « critère arithmétique » au sens au Alexandre l’entend pour saisir le retard français sur la question du mariage homosexuel et de l’homosexuel. Il suffit simplement d’observer les multiples contradictions, aberrations de notre droit. L’article 343 du Code civil, par exemple, précise que: « L’adoption peut être demandée par deux époux non séparés de corps, mariés depuis plus de deux ans ou âgés l’un et l’autre de plus de vingt-huit ans ». Or le mariage est réservé aux seuls couples hétérosexuels. L’article 343-1, en énonçant que « L’adoption peut être aussi demandée par toute personne âgée de plus de vingt-huit ans », ne restreint pas explicitement celle-ci aux seuls célibataires hétérosexuels. Finalement, la loi n’empêche pas formellement un célibataire homosexuel d’accéder à la parentalité via l’adoption. Nonobstant cela, nombreuses sont les affaires (l’affaire Fretté résume parfaitement le problème) dans lesquelles les juges ont refusé de délivrer un agrément lorsque le candidat ou la candidate à l’adoption était homosexuel(le). Plus que de fonder directement leur décision sur l’orientation sexuelle de l’intéressé(e), ils prétextèrent la nécessité dans l’intérêt de l’enfant d’un double référant, paternel et maternel. Or, comme dit plus haut, rien ne nous a prouvé jusqu’à aujourd’hui que les parents homosexuels étaient de moins bons parents que les parents hétérosexuels.

La France doit donc refaire son retard sur la question du mariage homosexuel pour que cesse, premièrement, l’injustice dont sont victimes les homosexuels. A ce titre, la question d’Alexandre Mayol «(…) n’était-il pas dans le sens du progrès de consentir à la violence étatique et aux persécutions contre les minorités raciales dans les années 30, lorsque tous les Etats y consentaient en Europe de façon insidieuse ? » ne tient pas la route pour deux raisons. D’une part, un tel jugement n’est possible que rétrospectivement. D’autre part, les pays ayant reconnu juridiquement le mariage homosexuel ont cherché justement à éviter d’infliger un traitement discriminatoire à un groupe d’individus dont la seule différence est l’orientation sexuelle.

La France doit, deuxièmement, refaire son retard car une reconnaissance juridique de l’homoparentalité profiterait à l’ensemble de la société. La reconnaissance définitive du mariage homosexuel et de l’homoparentalité dans les dix pays mentionnés précédemment a ainsi favorisé l’intégration des membres de la communauté homosexuelle au même titre que le reste de la population. Julien Leyre, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, nous éclaire sur les retombées positives d’une telle mesure: « (…) les demandes visant à former des familles auront pour effet de normaliser la situation des homosexuels: en permettant la constitution de familles, elles autoriseront, voire encourageront, un certain nombre d’homosexuels à constituer des unités familiales, adoptant par là un mode de vie conforme à celui de la majorité de la population. Dans la mesure où ces enfant seront ensuite scolarisés comme les autres, où ils seront aussi majoritairement eux-mêmes hétérosexuels, l’homoparentatilé constitue plutôt une garantie d’ouverture de la communauté sur le reste de la société. »

Un parallèle peut être fait avec la légalisation des « salles de shoot ». Un de nos lecteurs a, d’ailleurs, très justement fait remarquer que « ces salles ne doivent pas se résumer à l’expression « salle de shoot ». On peut très bien les penser comme la première étape dans un processus de désintoxication, par exemple, en limitant la consommation des toxicomanes. Et pour être sûr qu’ils n’aillent pas continuer ailleurs, on pourrait imaginer un système ne les autorisant à profiter que d’une seule salle. La présence sur place d’un psychologue et/ou d’un assistant social serait plus qu’utile ». En clair, légaliser ces salles pour permettre, d’une part, une consommation de drogue « à moindre risque », d’autre part, accompagner les toxicomanes dans cette nouvelle forme de cure pour, enfin, leur permettre de se réinsérer socialement.

Accepter de laisser les choses dans leur état actuel, c’est contraindre les couples de même sexe à faire preuve de ruse, c’est les inciter à contourner la loi en se rendant à l’étranger (Belgique, Espagne, Angleterre, Etats-Unis…) -cela vaut aussi pour l’euthanasie- pour bénéficier d’une fécondation in vitro, pour trouver des mères porteuses. Ces derniers sont d’autant plus tentés d’agir frauduleusement que, conformément à l’article 113-6 alinéa 2 du Code pénal, la loi française n’est applicable qu’aux délits commis par des Français hors du territoire de la République que « si les faits sont punis par la législation du pays où ils ont été commis ». Accepter notre législation actuelle sur la présente question c’est accepter que les enfants de couples de même sexe, nés via procréation médicalement assistée ne puissent être inscrits sur le registre civil car la loi n’autorise le recours à la PMA qu’aux seuls couples hétérosexuels.

Au fond, ce qui blesse véritablement avec cette démarche comparative c’est qu’elle nous révèle comment face à l’échec de la morale intransigeante et de l’Etat répressif, certains pays ont jugé plus pertinent de s’adonner à une approche pragmatique de la lutte contre la toxicomanie (« salles de shoot »), l’injustice (mariage homosexuel), la souffrance (euthanasie), quitte à heurter les mœurs traditionnelles, et les résultats sont des plus positifs.

Un des objectifs des lois est d’édicter un ensemble de droits et de devoirs qui soient en parfaite adéquation avec la société dans laquelle elles sont promulguées. Dans le cas de l’homoparentalité, il est urgent qu’il faille consacrer non pas le droit à l’enfant mais le droit des enfants. Il me semble dès lors capital de simplifier la procédure de délégation de l’autorité parentale, d’apporter des modifications concernant l’adoption simple et de reconnaître un statut légal pour le beau-parent. Les propos de la sociologue Irène Théry nous permettent de saisir toute l’importance de ce dernier point: « ce silence juridique contraste fortement avec la réalité, où désormais, des centaines de milliers de beaux-parents prennent en charge l’enfant, contribuent de fait à son éducation et son entretien, et nouent avec leur bel-enfant des liens parfois très importants, qu’ils redoutent de voir anéantis, en cas de séparation ou de décès du parent ». La consécration de la parentalité pour les couples de même sexe ne constitue pas une violation des exigences européennes. L’article 8 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droit de l’Homme (CESDH) proclame explicitement que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ». Ces suggestions ne sont que le prolongement du droit européen et ne correspondent en rien à une menace pour les principes de notre droit.

J’aimerais, avant d’oublier, remercier Alexandre des précieux conseils qu’il me donne quant à la manière de convaincre (par la « raison ») le lectorat. Mais là n’est pas mon souhait. Ce serait me détourner des raisons qui me poussent à écrire pour « Bulles de Savoir »: faire en sorte que vous fassiez de vos lectures des lectures actives. Mais il m’est cependant difficile de ne pas vous mettre en garde lorsque ce cher Alexandre avance que la méthode comparative « détourne des chiffres qui ne veulent rien dire en soi et surtout récompensent, au nom d’un progrès normé de façon circonstanciée, ce qui va dans le sens de l’histoire ou pas ». Toute personne qui s’est déjà livrée à ce genre d’exercice saura qu’il s’agit là d’un pur mensonge. Surtout, vous n’êtes pas sans ignorer que nous détournons des chiffres dans le seul but de convaincre l’audience. Or, comme dit précédemment, là n’était pas l’objectif de mon article.

Je terminerai sur ces mots. En un sens, Alexandre a estimé que je tenais des propos durs à l’égard de la France. Mais ils sont proportionnels à l’attachement que je manifeste à ce pays. Au cours de l’Histoire, cette même France n’a eu de cesse d’influencer nombre de nations dans les lettres, les sciences, les arts et dans bien d’autres domaines. Faites l’expérience de demander à un étranger de vous parler de la France. A défaut de connaître son histoire, ses institutions politiques, sa géographie, son économie, pour ne citer qu’elles, il vous en parlera comme du pays des Droits de l’Homme. Mais depuis plusieurs décennies, la France est une vieille dame assise sur ce passé glorieux. Il est temps qu’elle prenne en compte les nouvelles réalités sociales, qu’elle se défasse de ses certitudes qui, somme toute, ne sont qu’opinions, préjugés. Il importe qu’elle cesse d’avoir peur mais qu’elle ose, qu’elle fasse des essais et des erreurs, qu’elle cherche, débatte, expérimente.

Comparer pour progresser

Pour citer cet article : http://bullesdesavoir.com/2011/06/02/comparer-pour-progresser/ © Bulles de Savoir

Commentaires

  1. Bonjour bonjour!

    Un bien bel exposé, je dois avouer! Pour un ignare en la matière comme moi, l’état des lieux dressé ici est fort instructif pour le cas français.
    Oh, pardon… Français! Alors que c’est une étude comparative! Mince, aurais-je manqué l’essentiel, aurais-je inconsciemment survolé les états des lieux chez les 10 « précurseurs » ? Pourtant, même à le relire, je ne vois que 6 lignes où il en est fait mention… Après ça, c’est du franco-français!
    Il est intéressant de mentionner le retard (8 mentions), mais un retard, par définition, se construit avec aux moins deux points, l’un « en avance », l’autre « en retard ». Estimer un retard, c’est comparer (pour progresser ?). Or là, tout ce que je vois, c’est le point français… Progresser par rapport à soi, en ne prenant que soi pour repère, peut certes être une bonne chose, mais, sauf erreur, cet article s’intitule « COMPARER pour progresser »!

    Enfin, pour avoir lu avec attention l’article « mis en cause », j’y ai vu non pas une dénégation d’un mode de raisonnement, mais une mise en garde : il est bon de vouloir progresser, mais progresser pour progresser est pure vanité, car cela ne mène à rien d’autre qu’à une progression plus rapide mais moins réfléchie donc moins efficace (voire parfois avec des effets contre-productifs). La « croissance à tout prix » n’est pas la solution!

    Vous voyez la France comme « en retard » par rapport à ces 10 pays. Et si vous voyiez la chose à l’inverse : quelques pays explorent une voie, prennent « de l’avance », tandis que les autres restent en retrait, attendant de voir ce qu’il se passera… Vous vous refusez à commenter la critique de l’arithmétique, arguant de la dictature de la majorité : n’en faites pas une dictature de la minorité. 10 précurseurs, 180 suiveurs… Qui est en retard ? Qui est en avance ? Lequel est le point de repère le plus légitime ? Les Etats-Unis valent-ils plus que l’Inde ? Les Pays-Bas que l’Australie ? L’Argentine que le Mali ? Un coup d’oeil à l’ONU vous dira que tous les Etats n’ont qu’un seul siège, qu’une seule voix, et ce, quelque puisse être leur population, leur potentiel militaire, leur poids économique ou leur force culturelle!

    Encore une fois, qui est en retard, qui est en avance, au nom de quoi posez-vous les « précurseurs » comme le point de repère ?

  2. Cher Fabien,

    si je n’ai pas cherché à analyser une à une les législations des pays qui ont autorisé le mariage homosexuel et l’homoparentalité, c’est parce qu’il aurait été impossible -sauf à faire une thèse- de présenter quelque chose d’à la fois concis et précis. Je me suis donc limité à montrer les raisons qui ont motivé ces pays à les reconnaître et, selon moi, devrait motiver le législateur français à en faire de même: le principe d’égalité entre les individus, l’absence de danger pour l’équilibre psychologique de l’enfant dans le cas de l’homoparentalité, l’intégration sociale de la communauté homosexuelle.
    Si vous souhaitez cependant connaître plus en détail les législations en vigueur sur ce sujet, vous trouverez les réponses à vos interrogations en consultant un rapport fait par le Sénat sur l’homoparentalité en Europe et dont voici le lien: http://www.senat.fr/lc/lc100/lc100.html

    Ce faisant, je me suis concentré que sur notre droit. En quoi est-ce dès lors un problème? Je ne comprends pas trop, pour être franc, pourquoi vous écrivez « Progresser par rapport à soi, en ne prenant que soi pour repère, peut certes être une bonne chose, mais, sauf erreur, cet article s’intitule « COMPARER pour progresser »! Donc oui, je ne vois vraiment pas. Eclairez-moi.

    Vous dites ensuite: « il est bon de vouloir progresser, mais progresser pour progresser est pure vanité ». Et que faîtes-vous de l’égalité entre les individus? Comme je le souligne dans mon article, la France a adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, dont l’ article premier précise que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit », que « le principe de non-discrimination qui exige que les droits de l’homme s’appliquent de la même manière à chaque être humain, indépendamment de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre ». Or notre Constitution n’assure que « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », ne prenant ainsi pas en compte l’orientation sexuelle de chacun. Admettez-vous le caractère imparfait de ladite Constitution ou estimez-vous que les hétérosexuels et les homosexuels jouissent des mêmes droits en France pour ce qui est du mariage et du droit à fonder une famille? Le progrès est aussi dans le combat de certaines injustices criantes. Mais vous avez le droit de penser, bien que je désapprouve totalement, qu’il s’agit là de pure vanité.

    Concernant la critique de l’arithmétique, ce n’est pas que je me refuse à la commenter. C’est tout simplement que je n’y fais jamais mention dans mon propos. Et quand bien même je m’y essaierai je vous dirai que ce « critère arithmétique » doit commencer par s’appliquer à l’intérieur même de notre territoire. En d’autres termes, et à défaut du contraire, la majorité ne fait-elle pas loi en démocratie? Attention, je ne dis pas que la majorité a raison. Je dis simplement que je ne comprends pas pourquoi les politiques font preuve d’immobilisme en la matière alors même que la majorité des Français se dit favorable à la reconnaissance juridique du mariage homosexuel et de l’homoparentalité. Si vous en doutez, je vous invite à consulter les divers sondages réalisés aux cours de ces dernières années sur le sujet: http://www.apgl.fr/documents/Sondager_bva_12-11-2009.pdf
    http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20110128.OBS7072/sondage-58-des-francais-favorables-au-mariage-homosexuel.html

    Par ailleurs, vous évoquez l’Inde et le Mali. Peut-être l’ignorez-vous mais l’homosexualité est très mal perçue (pas interdite) dans les deux pays en raison de la prépondérance de la religion. Ainsi il est très fréquent que les homosexuels subissent des menaces de mort -de voisins, proches, familles…- dans ces pays. Vous pouvez là encore penser qu’il ne s’agit pas d’un retard, que les choses doivent être laissées telles qu’elles sont. Après tout, hein, il n’avait qu’a être hétérosexuel et ils n’auraient pas eu tant de problèmes…

    Enfin, j’ose espérer que vous n’êtes pas naïf au point de penser que l’ONU est un bel exemple de justice et d’égalité. En principe, oui, « tous les Etats n’ont qu’un seul siège, qu’une seule voix, et ce, quelque puisse être leur population, leur potentiel militaire, leur poids économique ou leur force culturelle! ». Mais cher Fabien, l’ONU n’est-elle pas plutôt pas une arène où le dialogue se limite à 5 puissances?

    Pour répondre à votre dernière question: j’estime, mais cela n’engage que moi, qu’un pays est en retard dès lors qu’il ferme les yeux sur une réalité qui concerne des dizaines de milliers de personnes, de couples, d’enfants rien qu’en France. L’homosexualité n’existe pas en France depuis hier. Il en est de même pour l’homoparentalité. J’estime qu’un pays est en retard dès lors qu’il ne fait rien pour protéger les liens affectueux, solides qui ont pu se créer au fil des années entre un enfant et le compagnon homosexuel de son parent biologique dans le cas des familles recomposées. J’estime qu’un pays est en avance quand il cesse de penser que le mariage est uniquement l’union d’un homme et d’une femme au nom d’un prétendu « Ordre symbolique », d’une nécessité pour tout individu de participer à la reproduction de son espèce, prétextant que l’homosexualité est mortel pour la société.

  3. Bonsoir,

    Votre article est très intéressant et suis d’accord avec votre indignation concernant les inégalités flagrantes dont l’Etat français peut faire preuve.

    Néanmoins, votre article me dérange sur 2 choses:

    – vous ne répondez jamais à votre détracteur. Là où ce dernier conteste votre méthode, vous présentez un fait, grave je ne puis le nier, mais un fait quand même. Clarifiez votre position: qui définit le progrès? Existe-t-il un progrès objectif? Qui définit l’avance et le retard d’une société? Ce sont là les questions que j’eus aimé voir abordées dans cet article. Dommage, mais je me suis fait arnaquer sur le préambule…

    – en tant que statisticien, je ne peux que tiquer sur le caractère indiscutable des enquêtes et sondages que vous prenez comme argument. La manipulation d’une enquête est facile et les enquêtes « bidons » ont une fâcheuses tendances à se répandre plus rapidement et de manière plus convaincantes que les « véritables » enquêtes statistiques, aux avis souvent beaucoup plus nuancés… Mon avis sur la question est qu’il vaudrait mieux éviter de trop s’appuyer sur ce genre de travaux quand on n’a pas le temps de les confronter les uns aux autres. Après tout,le divorce était considéré comme sans effets sur le développement de l’enfant! Voyez aujourd’hui, la vérité se retrouve beaucoup plus contrastée…

    Comme vous, j’ai du raccourcir mon propos et j’eus souhaité l’étayer un peu plus mais qu’importe. J’espère que vous pourrez continuer à nous régaler pendant longtemps de vos articles, quand bien même les postures que vous prendrez ne nous satisfont pas!

  4. Cher Tintin,

    faute de temps ce soir, je m’engage à vous répondre dès demain. Je m’attendais, bien évidemment, à ce que quelqu’un conteste ces sondages. Quel sondage n’a d’ailleurs jamais fait l’objet de critiques?…

  5. Ainsi que le souligne Tintin, ce n’est pas le fond que je critique, c’est la méthode. Mon opinion sur le sujet du mariage homosexuel importe peu, quelle qu’elle puisse être.
    Ce dont je doute, c’est de la validité des notions de retardataires et de précurseurs. Comme je le soulignais, pour attester d’un retard, il faut un objet étudié (en l’espèce, il s’agit du cas français) et d’un point de repère, d’une référence (en l’espèce, selon vous, les 10 États légalisateurs). Établir un retard, c’est donc nécessairement comparer! Et vous l’avez bien compris, puisque vous comparez pour progresser.

    Cette comparaison est donc au cœur de votre raisonnement. Hors, de comparaison, je ne vois trace…

    De plus, vous établissez un jugement de valeur, et c’est là que je fais intervenir l’égalité entre les États. Les exemples malien et indien ont été choisi par hasard : je soulignais seulement la curieuse répartition géographique… L’étatisation et l’appel à l’ONU étaient maladroits, je l’admet : ça « juricise » la chose. Hors le droit ne peut se permettre de jugement de valeur, c’est l’affaire de la justice.
    Je reformule donc. Au nom de quoi une société peut-elle être jugée comme supérieure ou inférieure à une autre ? Peut-on, a-t-on le droit de comparer des sociétés ? Chacune a son histoire, ses particularités, sa composition,… Chacune est unique!
    Vous vous prévalez des Déclarations des Droits de l’Homme, à diverses échelles, à des époques variées. Dois-je vous rappeler que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, pas forcément la première, mais la plus reconnue, est française ? A ce titre, je pense (et d’autres l’ont dit bien avant moi…) que la France est bien loin d’être en retard dans ce domaine : elle est même un modèle pour pas mal de pays (quant à savoir si prendre une autre société pour modèle, cf. un peu au dessus).

    Et quand bien même, supposons que la France soit « en retard » par rapport à d’autres. Si tel est vraiment le cas, que d’autres sociétés proposent une « avancée », un avantage, alors rendons grâce à la mondialisation : la migration est possible! Si l’on est tant attaché que ça à une cause, tout ce qui peut empêcher la migration, c’est l’attachement au symbole national, c’est l’attachement au principe « France ». Et qu’est-ce que la France, sinon un ensemble de valeurs ? Si les gens restent, c’est qu’ils adhèrent à ces valeurs plus qu’aux valeurs qu’ils pourraient trouver ailleurs. Si le fait de ne pas pouvoir se marier dans les formes, ou le fait de ne pas pouvoir se shooter en toute légalité, ou tout autre « retard » est vraiment si insupportable, les frontières sont ouvertes, et les pays/sociétés « en avance » seront sans aucun doute heureuses de faire profiter les autres de leurs avancées, elles qui sont les parangons des Droits et Libertés.
    Les sociétés évolueront par ce biais, de la même manière qu’elles ont déjà évolué et évoluent encore. Précédemment, la France a déjà pris des positions marquées : les huguenots pourchassés sous Louis XIV, les nobles exilés à la Révolution. Chaque fois, les décisions sont relativement peu progressistes, et pourtant… Leurs effets ont été assez néfastes, et pourtant… Une grande part de la population a du fuir, et pourtant… Pourtant, la France est toujours là! Pourtant, la France est aujourd’hui une référence de par le monde. La France a pris position, cette position a des conséquences, la France assume ces conséquences. La France a perdu, du fait de ces décisions. D’autres pays/sociétés en ont profité. La France a gagné, du fait de ces décisions. D’autres pays/sociétés en ont pâti.

    Le monde n’est pas fait pour être uniforme! Le monde, par essence, est varié! Il y a des choses qui doivent être universellement acceptées, à commencer par la tolérance, la tolérance de la diversité. Mais aller au-delà de cette simple tolérance, c’est un choix : certains diront oui, d’autres diront non, certains prendront une décision intermédiaire. Pour arriver à ce choix, chaque société a ses propres critères, ses propres pondérations, ses propres curseurs.

    On réclame la Liberté, oui, bonne chose. Pour quoi faire ? On réclame l’Egalité, oui, bonne chose. L’autre est-il moi ? Par contre, la Fraternité, personne ne la réclame… Est-ce que j’accepte que l’autre ne soit pas moi, que l’autre soit par essence différent de moi, que mes opinions ne soient pas les siennes ?

    • Victor

      Cher Fabien,

      pour commencer, vue la taille de nos messages respectifs et compte tenu que nous n’ arrivons pas à nous retrouver sur une définition de la méthode comparative, voici ce que je vous propose: dites moi les questions dont vous voulez qu’elles soient réellement abordées, quelle forme devrait concrètement prendre la comparaison. Je m’engage à vous rendre un article documenté dessus. Vous pouvez, en outre, vous concerter avec Tintin.

      J’aimerais rentrer dans le vif du sujet maintenant. Et permettez, moi, tout d’abord de vous dire que je trouve un peu facile d’avancer « Mon opinion sur le sujet du mariage homosexuel importe peu, quelle qu’elle puisse être. » Voilà une bien belle façon de ne faire rien d’autre que la même chose que mon collègue Alexandre lorsqu’il écrivait qu’il n’allait pas se concentrer sur le fond de la chose. Soit.

      Permettez-moi ensuite de vous dire que le reste de votre message est tout à fait scandaleux, hallucinant, choquant. Vivons-nous cher Fabien dans le même monde? Assurément nous le voyons différemment. Je vous cite un passage et j’aimerais savoir si vous êtes conscient de ce que vous dites: « Et quand bien même, supposons que la France soit « en retard » par rapport à d’autres. Si tel est vraiment le cas, que d’autres sociétés proposent une « avancée », un avantage, alors rendons grâce à la mondialisation : la migration est possible! Si l’on est tant attaché que ça à une cause, tout ce qui peut empêcher la migration, c’est l’attachement au symbole national, c’est l’attachement au principe « France ». Et qu’est-ce que la France, sinon un ensemble de valeurs ? Si les gens restent, c’est qu’ils adhèrent à ces valeurs plus qu’aux valeurs qu’ils pourraient trouver ailleurs. Si le fait de ne pas pouvoir se marier dans les formes, ou le fait de ne pas pouvoir se shooter en toute légalité, ou tout autre « retard » est vraiment si insupportable, les frontières sont ouvertes, et les pays/sociétés « en avance » seront sans aucun doute heureuses de faire profiter les autres de leurs avancées, elles qui sont les parangons des Droits et Libertés. »
      « (…) rendons grâce à la mondialisation : la migration est possible! « ? Voilà ce que vous dites. Peut-être n’avez vous pas lu le passage où j’écrivais que les couples de même sexe n’hésitaient pas à contourner notre loi et à se rendre à l’étranger pour avoir accès aux techniques de procréation médicalement assistée mais qu’une fois revenus leur(s) enfant(s) n’était/étaient pas reconnu(s). Peut-être que là aussi ça ne vous pose pas problème. Après tout, ils n’ont qu’à rester dans ces pays où ils ont accès à la PMA et où leur(s) enfant(s) et leur union seront reconnus. Et que faites-vous des amis, proches, famille que tous ces couples ont en France? Ca n’a sans doute pas d’importance pour vous. J’ignore où vous habitez cher Fabien. Admettons en Lorraine ou en Franche Comté, je vous laisse choisir. Ma question est donc: franchement Fabien, pourquoi continuer à habiter dans ces régions où le climat est loin d’être exotique, où le taux de chômage est sensiblement plus élevé que dans le reste dans le France, pourquoi vous entêter à rester au lieu d’aller dans le Sud où les valeurs seront relativement proches (nous restons toujours sur le même territoire) mais où vous aurez droit à plus de jours d’ensoleillement, où vous aurez accès à la mer, à plus d’offres d’emplois? On serait tenté de penser cher Fabien que vous êtes idiot car il suffit de faire un calcul coûts / bénéfices pour savoir s’il faut rester ou déménager. Mais c’est sans compter sur le fait que les gens qui nous entourent nous aident souvent à supporter une condition désagréable, à la combattre. Ainsi, nombre de couples homosexuels vous le diront, ce sont tous ces gens qui leur donnent la force de continuer à se battre, depuis la France.
      Par ailleurs, cher Fabien, se rendre à l’étranger n’est pas à la portée de tout le monde, financièrement parlant. Vous pouvez me dire, dans le cas des salles de shoot, que la Suisse est seulement à 3h de TGV de Paris. Certes, mais certains n’ont pas les moyens pour se payer un billet. Alors on pourrait se demander si l’Etat français ne pourrait pas le faire. Je doute fort que nos décideurs acceptent.

      Vous me parlez également de particularismes, de la nécessité d’accepter les différences, etc. A quel moment ai-je contesté cela? Toutefois, vous, vous vous mettez le doigt dans l’oeil si vous pensez que le relativisme culturel est synonyme de tolérance. Il est vrai que le tango argentin a je ne sais quoi de plus envoûtant que la danse des canards d’une Chantal Goya. Pour autant, vous avez raison, nous devons accepter les deux. On pourrait continuer comme cela longtemps. Mais je doute toutefois que les lectrices partagent votre avis en ce qui concerne l’excision. Tout cela pour vous dire qu’il faut être intolérant à l’égard de certaines tolérances. Car, dans le cas contraire, vous devez admettre que le nazisme, les dictatures d’aujourd’hui et la démocratie se valent. Pourtant, contesterez-vous l’idée que la démocratie n’est pas préférable aux deux autres? Assurément, non. Par conséquent, vous voyez, vous faites vous-mêmes preuve d’intolérance à l’égard de certaines tolérances.

      Enfin, Fabien, je reconnais à la France certains points positifs. Comme je le dis dans mon texte, notre pays à joué un rôle central par le passé dans les sciences et les arts. Aujourd’hui encore il est connu comme le pays des Droits de l’Homme. Je pardonne les étrangers car eux ne connaissent pas forcément notre Histoire, ou du moins connaissent-ils la période des Lumières et de la DDHC de 1789. Mais, vous, si vous faîtes références à ce texte, je suis tenté de croire que c’est par nostalgie. Or vous savez que la nostalgie est un état qui nous procure une certaine tristesse, ou joie, à l’idée de se remémorer un bon souvenir, un âge d’or qui n’est plus. Ce faisant, j’en viens à croire que vous vivez au passé et pas au présent. Et c’est justement ce que je reproche à nos politiques, ne pas prendre en compte les réalités d’aujourd’hui.

  6. « On serait tenté de penser cher Fabien que vous êtes idiot »
    Le pensez-vous, ou ne le pensez-vous pas ? Soyez clair! Si vous ne le pensez pas, dites-le! Et si vous le pensez, dites-le aussi! Soyez franc, un peu! Quand on commence à s’en prendre à une personne plus qu’à ses idées, c’est en général que l’on est à court d’argument… Que mon avis soit « scandaleux, hallucinant, choquant », c’est bien normal : je n’ai pas la prétention de vouloir plaire aux autres.
    En revanche, que vous osiez remettre en doute ma capacité à tenir un raisonnement logique, ça, je ne peux pas le tolérer! Et cela montre tout autant votre propre intolérance.

    Vous voulez mon opinion sur le fond, la voici. Je suis contre le mariage des homosexuels et l’adoption par ces mêmes personnes.
    1/ Parce que le mariage est une union, et que l’on ne peut unir que ce qui est différent. Unir ce qui est semblable n’a pas de sens. Mais deux hommes, ce sont deux choses différentes, deux personnes distinctes : alors pourquoi utilise-t-on le même mot ? Notre langue ne serait-elle pas assez riche ? Unir ce qui est semblable, c’est refuser la diversité.
    2/ Parce que ce n’est pas une fois que la voiture est dans le platane qu’il faut se dire qu’on aurait peut-être pas du la produire. Je ne dis pas que ce serait courir à la catastrophe que d’ouvrir ces droits. Mais avant de procéder aux modifications, est-on certain d’en tirer un avantage, un avantage que nous n’aurons pas à regretter plus tard ?
    3/ Parce que tous les textes que vous citez, ce sont des constructions juridiques, et le droit n’a jamais fait la justice. Tous ces textes sont des « déclarations » (ou s’y réfèrent): c’est donc que les droits qu’ils déclarent préexistent, que ces droits existent indépendamment même de cette déclaration. Et ces déclarations ne sont que la construction, la concrétisation par l’homme d’une notion qui dépasse l’individualité : appelez ça la volonté divine, les principes de Mère Nature ou le droit naturel, le fait est qu’il existe des droits indépendamment des hommes, des règles universelles, et que toutes les déclarations du monde ne pourront jamais englober cette notion dans son ensemble, car elle relève de la nature même de l’homme.

    Sur ce, monsieur, l’idiot vous salut bien bas, et il n’attend pas de réponse à une argumentation qui, de toute manière, est caduque du seul fait de celui qui la prononce.

  7. Il y a probablement des arguments en faveur du mariage homosexuel, mais la raison qu’on invoque le plus souvent, le caractère discriminatoire de l’interdiction du mariage homo, me semble complètement à côté de la plaque. Il y a discrimination lorsque des individus n’ont pas les mêmes droits, or un homosexuel et un hétérosexuel ont les mêmes droits au mariage, puisque la loi stipule qu’un homme, quel qu’il soit, peut se marier à une femme. La vrai question est donc non pas de savoir s’il y a discrimination ou pas (puisque juridiquement il n’y aucune discrimination, tous les hommes et toutes les femmes ont les mêmes droits au mariage, un hétéro homme n’a pas non plus le droit de se marier à un homme). Qu’en penses-tu ? En ce qui concerne le mariage civil (non pas religieux), celui-ci est juridiquement et moralement supervisé par l’Etat en raison du caractère impérieux de la reproduction de la nation et de la protection des mineurs. Autrement dit le mariage assure à l’Etat un certain nombre de garanties et d’obligation de la part des couples à l’égard de leurs enfants qui sont aussi les enfants de la République (et qui ne sont pas des personnes autonomes). Le lien entre mariage et enfant est donc essentiel. En toute logique, accepter le mariage homo, c’est aussi accepter les enfants de couples homo (sinon l’Etat n’a aucun intérêt à le légaliser, car cela ne relève pas de l’intérêt de la Nation), de ce point de vue là ton article semble montrer que cela ne pose guère de problème. Ce qui peut poser problème par contre, ce n’est plus la question de l’éducation mais de l’origine de ces enfants, comment sont-ils produits ? et là d’autre problèmes moraux de taille se posent (question de l’adoption, question des mères-porteuses…), tout ça pour dire qu’on peut ne pas être un réactionnaire et émettre des doutes sur la nécessité d’adopter le mariage homosexuel.

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