Les « deux versions » de l’histoire d’Etta James

There’s always two sides to every story”. Tel était le crédo qu’entonnait la chanteuse Etta James dans les années 1960. Sa vie en est des plus emblématiques. La reine du rythm and blues qui a connu les moments les plus glorieux comme les plus sombres est morte vendredi à l’âge de 73 ans des suites d’une leucémie.

James s’était fait connaître par des titres mythiques comme « At Last », « All I Could Do Was Cry » ou encore « I Just Want To Make Love To You» dans lesquels elle chantait l’amour et la douleur, ses deux thèmes de prédilection. Selon ses propres termes, Etta James voulait chanter « vrai ». Son timbre blues, sa voix rocailleuse et puissante ont marqué les années 1960 et 1970, même si sa carrière s’est poursuivie bien après.

Parfois comparée à Aretha Franklin, James a été l’une des pionnières de la transition du jazz vers le R&B. Elle se définissait elle-même comme une chanteuse blues et imprégnait toujours le rock’n’roll et le rythm and blues nouveaux de ses influences jazz et gospel.

Récompensée à de nombreuses reprises, elle avait reçu en 2003 un Grammy Award pour l’ensemble de sa carrière. En 2008, le film « Cadillac Records » lui rendait hommage en retraçant ses années au sein du label Chess Records. Interprétée par Beyoncé Knowles, Etta James avait cependant affirmé que le film était très éloigné de la réalité.

Loin d’être lisse, la vie d’Etta James comporte beaucoup de parts d’ombre, notamment en ce qui concerne ses problèmes d’addiction à l’héroïne et à la cocaïne.

De son vrai nom Jamsetta Hawkins, Etta James est née le 25 janvier 1938 à Los Angeles d’une mère alors âgée de 14 ans et d’un père absent. La jeune Etta James découvre le chant à l’Église dès l’âge de 5 ans. Elle enregistre son premier album « Roll With Me Henry » seulement dix ans plus tard. La carrière d’Etta James est alors lancée.

Elle rejoint dans les années 1960 le label Chess Records où elle rencontre des artistes comme Chuck Berry et Muddy Waters. Elle fait alors partie de cette nouvelle génération d’artistes noirs qui accompagne le mouvement des droits civils. Sa carrière est à son apogée lorsqu’elle enregistre son plus célèbre titre, « At last », qui sera chanté en 2008 lors de l’élection de Barack Obama.

Dans les années 1960 James doit faire face à des problèmes d’addiction à l’héroïne dont elle se débarrasse dans les années 1970 pour développer une addiction nouvelle à la cocaïne. Dans les années 1980, ce sera les antidouleurs qui viendront hanter sa carrière. En parallèle, l’artiste fait face à des problèmes de poids considérables qui l’affaiblissent un peu plus.

Elle revient sur scène dans les années 1990 avec un album de reprises de Billie Holiday mais son état de santé reste faible. En 1995, elle décrit dans une autobiographie intitulée « Rage to Survive » la lutte qu’elle a menée pour venir à bout de ses problèmes d’addiction.

James continue de chanter, encore et toujours. Elle sort en 2011 son dernier album The Dreamer, qui reçoit un accueil positif de la critique. La même année les médecins diagnostiquent cependant qu’elle est atteinte d’une leucémie, d’une hépatite C et de démence.

Décédée de 20 janvier 2012, Etta James restera dans la mémoire collective une légende du jazz, du blues et de la soul et plus largement une icône de la musique noire-américaine.

Les « deux versions » de l’histoire d’Etta James

Pour citer cet article : http://bullesdesavoir.com/2012/01/22/les-deux-versions-de-lhistoire-detta-james/ © Bulles de Savoir

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