Mariage gai, homoparentalité et démocratie sexuelle : genèse d’un débat dans l’espace public (France/Etats-Unis)

Impensable jusqu’à il y a peu, du fait de la criminalisation des homosexuels, l’intense débat dont font aujourd’hui l’objet le mariage gay et l’homoparentalité n’est que l’aboutissement d’une logique plus profonde débutée dans les années 1960 avec le mouvement de libération homosexuelle.

L’homosexualité est sortie de la clandestinité à l’occasion des émeutes de Stonewall de 1969. Celles-ci auront une incidence sur la création en 1971, en France, du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR), un mouvement qui revendiquait de manière radicale un changement de société en faveur de l’homosexualité.

Au début des années 1960, la communauté homosexuelle rencontrait les pires difficultés pour se faire entendre sur le territoire américain.

Les associations ne manquaient pourtant pas, les principales étant The daughters of Bilities et, surtout, The Mattachine Society, créées une décennie plus tôt respectivement à Los Angeles et à San Francisco. Toutes deux œuvraient pour une acceptation de l’homosexualité par la société américaine d’alors. Pour Harry Hay, l’un des fondateurs de la Mattachine Society, c’est bien cet objectif qui est symbolisé par le nom de cette organisation, lequel renvoie aux Sociétés Joyeuses françaises du Moyen-Âge et de la Renaissance : « One of the medieval-Renaissance French Sociétés Joyeux was known as the Société Mattachine. These societies, lifelong secret fraternities of unmarried townsmen who never performed in public unmasked, were dedicated to going out into the countryside and conducting dances and rituals during the Feast of Fools, at the Vernal Equinox. Sometimes these dance rituals, or masques, were peasant protests against oppression—with the maskers, in the people’s name, receiving the brunt of a given lord’s vicious retaliation. So we took the name Mattachine because we felt that we 1950s Gays were also a masked people, unknown and anonymous, who might become engaged in morale building and helping ourselves and others, through struggle, to move toward total redress and change. » Les homosexuels sortiront de l’ombre avec les émeutes de Stonewall.

Celles-ci surviennent dans la nuit du 28 au 29 juin 1969 contre un raid de la police, au Stonewall Inn, un bar du quartier de Greenwich Village à New York, après que des clients ont refusé pour la première fois d’être contrôlés. Les descentes de la police dans les établissements gays de la ville étaient, comme nous le verrons, fréquentes. Cette nuit du 28 au 29 juin 1969, les clients du Stonewall Inn refusèrent non seulement d’obtempérer aux injonctions policières mais allèrent jusqu’à affronter les forces de l’ordre. Réunie massivement à l’extérieur du bar, la foule commença par jeter des pièces de monnaie et des bouteilles. Une partie se saisit ensuite, sur un chantier voisin, de briques. Surpris par ce soulèvement et en infériorité numérique, les policiers se réfugièrent à l’intérieur du bar. Pendant près d’une heure, ces derniers essuyèrent des jets de projectiles en tout genre. Après que certains ont essayé, sans succès, de mettre le feu à l’établissement, d’autres bloquèrent les policiers au moyen d’un parcmètre. Résidents du quartier et clients du Stonewall Inn venant d’heure en heure grossir les rangs de la foule déjà présente sur place, l’arrivée de 400 policiers ne changea pas la donne. Il faudra attendre les forces tactiques policières (Tactical Patrol Force, ou TPF) pour vraiment réussir à dégager la rue. Les violences ne s’estompèrent cependant que cinq jours plus tard.

La couverture médiatique dont elles ont fait l’objet par le New York Times, le New York Post et le New York Daily News, grâce à l’implication de Craig Rodwell, gérant de la Oscar Wilde Memorial Bookshop, la seule librairie gay au monde voisine du Stonewall Inn, a assurément participé à la prise de conscience par les homosexuels de la nécessité de prendre leur destin en main et de sortir de leur ghetto. Ainsi créèrent-ils des magazines, tels que « Gay », « Come out » et « Gay power ». De même s’organisèrent-ils autour d’associations luttant pour la reconnaissance de l’homosexualité : le Front de Libération Gay (Gay Liberation Front, ou GLF), fondé dans la foulée des émeutes de Stonewall, ou l’Alliance Activiste Gay (Gay Activist Alliance, ou GAA), créée en décembre 1969, en sont des exemples. A cette époque, les États-Unis comptaient quelques 50-60 groupes d’homosexuels. On en dénombrait 1 500 en 1970 et près de 2 500 dès 1971. Toutes ces organisations ont servi de modèle pour d’autres mouvements homosexuels révolutionnaires, comme le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) en France.

En France, avant le FHAR, il n’y avait rien, ou presque.

En effet, Arcadie, une revue homosexuelle fondée en 1954 par André Baudry, tenta tant bien que mal, dans un registre résolument moins radical, moins outrancier et moins provocateur que le FHAR, de faire « prendre conscience par les autres de ce que sont les homosexuels ». Par la suite, Guy Chevalier, alors agrégatif en lettres modernes à la Sorbonne, créa le Comité d’Action Pédérastique Révolutionnaire (CAPR). Ce dernier reconnut des années plus tard que si l’ignorance homosexuelle des mouvements de Mai 68 joua un rôle important dans son engagement, il fut cependant davantage inspiré par les mouvements de libération gay aux États-Unis, pays où il séjourna pendant près de 15 mois et où il fut témoin des émeutes de Stonewall. Pour sensibiliser l’opinion publique, Chevalier décide avec son camarade Pierre Hahn, lui-même homosexuel, de placarder huit affiches sur les murs de l’Université. Toutes sont arrachées le lendemain. Ils choisissent alors de distribuer leur texte, tiré cette fois à 1000 exemplaires, à l’Odéon, à la Sorbonne et dans les vespasiennes de la ville. On pouvait lire sur le tract : « le Comité d’Action Pédérastique Révolutionnaire dénonce la restriction des possibilités amoureuses qui sévit en Occident depuis l’avènement du judéo-christianisme. (…) Le CAPR lance un appel pour que vous, pédérastes, lesbiennes, etc…, preniez conscience de votre droit à exprimer en toute liberté vos options ou vos particularités amoureuses et à promouvoir par votre exemple une véritable libération sexuelle dont les prétendues majorités sexuelles ont tout autant besoin que nous. (…) (Un homme sur 20 est pd; sur quatre milliards de la population mondiale, ça fait 200 millions de pd.) NON PAS L’AMOUR ET LA MORT. MAIS L’AMOUR ET LA LIBERTÉ. »

Le FHAR usera, pour sa part, d’une rhétorique clairement révolutionnaire : le « combat homosexuel » mené par les fondateurs de cette organisation avait pour finalité première de subvertir l’ordre en place. Le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) est fondé à Paris, le soir du 10 mars 1971, par un groupe composé de féministes du Mouvement de Libération des Femmes (MLF), de lesbiennes proches de la revue Arcadie et d’homosexuels. Tous font partie du « commando » qui, dans l’après-midi, avait envahi et interrompu l’émission de radio « Allo, Ménie » sur RTL, présentée par Ménie Grégoire. Ce jour-là, l’émission avait pour thème l’homosexualité. Or les membres du FHAR n’entendent pas se justifier sur leur orientation sexuelle. De même ne cherchent-ils pas à se faire accepter par le reste de la société. Au contraire, ils veulent la transformer. D’où la rupture avec la discrétion et la respectabilité prônées par Arcadie : « Adresse à ceux qui se croient  »normaux » 
Vous ne vous sentez pas oppresseurs. (…) Vous êtes individuellement responsables de l’ignoble mutilation que vous nous avez fait subir en nous reprochant notre désir. Vous qui voulez la révolution, vous avez voulu nous imposer votre répression. (…) Vous demandez :  »que pouvons-nous faire pour vous  » Vous ne pouvez rien faire pour nous tant que vous resterez chacun le représentant de la société normale (…). Adresse à ceux qui sont comme nous Notre Front sera ce que vous et nous en feront. Nous voulons détruire la famille et cette société parce qu’elle nous ont toujours opprimé. (…) Nous revendiquerons notre statut de fléau social jusqu’à la destruction complète de tout impérialisme. (…) Pour un front homosexuel qui aura pour tâche de prendre d’assaut et de détruire la  »normalité sexuelle fasciste ». » Concrètement, cela s’est traduit par le sabotage d’un congrès de sexologues à San Remo en 1972, par l’invasion de cafés parisiens pour s’y embrasser publiquement, ou encore par la participation de 50 membres de l’association, aux côtés des syndicats et des partis politiques, au défilé du 1er mai à Paris.

Mais plusieurs facteurs vont précipiter la chute du FHAR. Tout d’abord, des désaccords apparaissent entre les membres et, plus exactement, entre les hommes et les femmes sur la vision de l’amour et de la sexualité. Tandis que les lesbiennes profitaient des rendez-vous du groupe à l’École des Beaux-Arts pour justement réfléchir à ces problématiques, leurs homologues masculins instrumentalisaient ces rencontres à des fins purement hédonistes. Les femmes prennent alors leur distance avec le FHAR et forment leur propre groupe, à l’instar des Gouines rouges, un mouvement radical féministe lesbien fondé en avril 1971, ou des Gazolines (1972-1974), composées d’androgynes. Néanmoins, tous continuent d’adhérer aux slogans du FHAR (« Prolétaires de tous les pays, caressez-vous ! », « Lesbiennes et pédés, arrêtons de raser les murs ! »). Dans le même temps, les méthodes adoptées par le mouvement, faute de faire triompher les revendications des intéressés aussi efficacement que ce que ces derniers auraient espéré, sont de plus en plus contestées : « nous nous sommes largement laissés porter par le flot de la démarche idéologiste, révolutionnaire, marginalisante qui a caractérisé la phase infantile de ce mouvement homo. Là où il aurait fallu affirmer l’importance des campagnes contre la répression, pour les droits démocratiques, (…) (les militants) recherchaient la radicalité, la subversion de la société bourgeoise par l’homosexualité ». D’autres associations, avec des tactiques et une rhétorique modérées, vont succéder au FHAR à partir du milieu des années 1970. Le Groupe de Libération Homosexuelle (GLH), en poursuivant notamment une logique universaliste (l’égalité des droits entre les hétérosexuels et les homosexuels), illustre le nouveau virage pris par le mouvement homosexuel français. La revue Gai Pied, les Universités d’été euroméditerranéennes des homosexualités (UEEH) et le Comité d’urgence anti-répression homosexuelle (CUARH), tous créés en 1979, lutteront contre l’homophobie et les multiples discriminations dont souffrent les homosexuels.

Des deux côtés de l’Atlantique, les homosexuels furent longtemps considérés comme des criminels.

En France, la dépénalisation, en 1791, de la sodomie pourrait laisser penser que les pratiques homosexuelles étaient tolérées dans cet espace. Or, dans les faits, diverses formes de répression ont continué d’exister tout au long du XIXe et du XXe siècle. Un tel décalage explique que la police pouvait poursuivre les homosexuels pour outrage à la pudeur, telle la recherche de rapports sexuels dans les parcs ou autour des vespasiennes. C’est en 1942 que l’homosexualité refait son apparition dans le domaine du droit. Une ordonnance du 6 août de la même année, prise par le gouvernement du Maréchal Pétain, reconnaît le caractère criminel de l’acte homosexuel, qualifié d’ « impudique ou contre-nature » : désormais, tout adulte se livrant avec un mineur de moins de 21 ans à un tel acte fera l’objet de poursuites, avec une sanction pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Cette mesure fut inspirée par l’amiral Darlan, qui, dans une note du 14 avril adressée au gouvernement, écrit : « Mon attention a été attirée sur une importante affaire d’homosexualité où se trouvaient compromis des marins et des civils […]. Les seules mesures de répression actuellement en mon pouvoir sont les sanctions disciplinaires contre les marins. La législation actuelle ne permet d’effectuer aucune poursuite contre les civils […]. L’impunité dont ils sont assurés encourage leurs agissements. Aussi je demande au garde des Sceaux s’il ne serait pas opportun d’envisager une procédure et un texte de loi permettant de poursuivre de la même façon les civils. » La discrimination juridique introduite en 1942 est confirmée en 1945, sous le gouvernement provisoire du général de Gaulle. Quatre ans plus tard, comme c’est le cas dans les années 1960 à New-York, le préfet de police de Paris interdit aux hommes de danser entre eux. Par la suite, on assiste à une recrudescence des condamnations pour « délit d’homosexualité ». En juillet 1960, le Parlement adopta « l’amendement Mirguet » qui range l’homosexualité dans la catégorie des fléaux sociaux, à l’instar de l’alcoolisme et la tuberculose. Le gouvernement est autorisé à employer les moyens nécessaires pour en endiguer l’expansion. Le 25 novembre 1960, l’ordonnance n°60-124 ajoute à l’article 330 du Code pénal un alinéa 2, aux termes duquel tout homosexuel auteur d’un acte impudique effectué en public verra sa peine doublée. La libération des mœurs à laquelle ont participé les événements de Mai 68 n’améliore pas le sort des homosexuels: « Les exemples de cette répression odieuse ne manquent pas ; vous les avez sous les yeux à chaque instant ; les inscriptions et les dessins dans les chiottes de la Sorbonne et autres ; les passages à tabac d’homosexuels par la police ou par des civils rétrogrades ; la mise en fiche policière, en général, l’attitude de soumission, les yeux de chiens battus, le genre rase-les-murs de l’homosexuel type ; les carrières brisées, l’isolement et la mise au secret qui sont le lot de toutes les minorités érotiques. Pour un glorieux Jean Genet, cent mille pédérastes honteux, condamnés au malheur. » En 1978, les socialistes, en la personne du sénateur Henri Caillavet, tentèrent, en déposant une proposition de loi, de faire abroger l’alinéa 2 de l’article 330 (outrage public à la pudeur) et l’alinéa 3 de l’article 331 (attentat à la pudeur), lesquels lèsent davantage les homosexuels que les hétérosexuels. L’homosexualité est retirée de la liste des maladies mentales le 12 juin 1981, puis définitivement dépénalisée par la loi du 4 août 1982.

Le sort des homosexuels fut, aux États-Unis, longtemps similaire à ceux dans l’Hexagone. Ainsi, l’ère McCarthy (1950-1954), connue comme celle de la « peur du rouge » (red scare), était, d’une manière générale, celle d’une chasse aux « subversifs », dont faisaient aussi partie les homosexuels, accusés de « soutenir la conspiration communiste ». Durant cette période, 420 employés homosexuels sont licenciés du service public (1950), l’American Psychiatric Association classe l’homosexualité comme « sociopathic personality disturbance » (1952), tous sont fichés, menacés, fréquemment emprisonnés. Homophobes, la société et le système juridique américain le sont également durant la décennie 1960. Ainsi, à New-York, les bars avaient pour obligation de ne pas servir de boissons alcoolisées aux homosexuels. Quant à ces derniers, ils ne pouvaient danser entre eux. Enfin, il était interdit de se travestir. Pour veiller au bon respect de ces règles, les descentes de la police dans les établissements gays de la ville étaient alors fréquentes. Instituées par le maire Wagner Jr à l’occasion de la Foire internationale de New York (1964-1965) en vue de nettoyer la ville, ces pratiques prirent fin avec l’arrivée, en 1966, du républicain John Lindsay. Défait lors des primaires de son parti, ce dernier renoua au cours des élections municipales de 1969 avec la rhétorique de son prédécesseur. Ainsi mena-t-il une politique du piège, qui consistait à utiliser des policiers, le plus souvent en civil, pour arrêter des homosexuels dans un bar ou ailleurs. En outre, si l’Association américaine de psychiatrie retire, en 1973, l’homosexualité de sa liste de maladies, les homosexuels continuent toutefois d’être perçus sur l’ensemble du territoire comme des citoyens de second rang, ne bénéficiant pas des mêmes droits que les hétérosexuels. La décision des juges de la Cour suprême fédérale dans Bowers v. Hardwick (1986) consacre explicitement la supériorité de l’hétérosexualité. En effet, dans cette affaire, une courte majorité des juges, partant du fait que l’acte sexuel auquel se livrait Michael Hardwick, un homosexuel résidant en Géorgie, avec un partenaire de même sexe, au moment de son arrestation dans son appartement, était interdit par la loi contre la sodomie en vigueur dans cet État, considéra que les agissements de l’intéressé ne pouvaient, par conséquent, être protégés constitutionnellement, au nom d’un droit à la vie privée en particulier. La privacy accordée aux couples hétérosexuels et aux femmes, respectivement dans Griswold v. Connecticut (1965), au sujet de la contraception, et Roe v. Wade (1973), pour l’avortement, renforce encore plus l’idée selon laquelle l’homosexualité est une exception constitutionnelle. Il faut attendre l’arrêt de la Cour suprême fédérale Lawrence v. Texas (2003), qui, en invalidant les lois contre les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe, garantit aux homosexuels ladite protection.

La politisation du mariage homosexuel et de l’homoparentalité marque l’avènement d’une démocratie sexuelle.

Les questions sexuelles occupent, à présent, de part et d’autre de l’Atlantique, une place centrale dans le débat politique. Jadis circonscrites à la sphère privée, celles-ci sont de plus en plus soumises aux mêmes exigences politiques que n’importe quels sujets de société. Dès 2005, Éric Fassin qualifiait ce processus de « démocratisation sexuelle » : « Ce que nous révèlent les débats sur le mariage homosexuel et la famille homoparentale, c’est que la politisation des questions sexuelles n’est que l’aboutissement d’une logique bien plus profonde de politisation des mœurs : l’espace du politique ne s’arrête pas ici ou là, pour respecter des espaces soustraits à l’histoire, autrement dit, sacrés. L’empire de la démocratie n’en finit pas de s’étendre, soit le domaine d’application de la logique politique. La démocratie ne pénétrait pas, hier encore, dans le mariage ni dans la famille, parce que Dieu, la tradition, la nature ou la science y faisaient la loi. La démocratie sexuelle que révèle à travers le monde la politisation du mariage gai, et de la famille gaie, c’est donc aujourd’hui l’extension du domaine démocratique, qui marque la fin de la transcendance dans la définition de l’ordre social, et non pas seulement sexuel. »

Mariage gai, homoparentalité et démocratie sexuelle : genèse d’un débat dans l’espace public (France/Etats-Unis)

Pour citer cet article : http://bullesdesavoir.com/2013/01/17/mariage-gai-homoparentalite-et-democratie-sexuelle-genese-dun-debat-dans-lespace-public-franceetats-unis/ © Bulles de Savoir

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