Les Luttes féministes d’Annie Besant (Londres, 1847 – Madras, 1933)

Si le féminisme d’Annie Besant demeure mal connu et sous-estimé, c’est parce qu’elle l’inscrivit souvent dans des luttes plus larges : pour la laïcité, le socialisme, le renouveau spirituel et le nationalisme indien. Annie Besant envisageait en effet les discriminations à l’encontre des femmes comme émanant de systèmes plus vastes, qu’il importait de réformer dans leur totalité.

Annie Besant mit pourtant régulièrement son indépendance chèrement gagnée, sa plume et ses grands talents oratoires directement au service des Victoriennes infantilisées par la loi, qui n’avaient aucun accès à l’information sur la contraception, ou à qui l’Université refusait de délivrer un diplôme. Elle aida les ouvrières sous-payées et exploitées à s’organiser à l’égal des hommes, puis les Indiennes, victimes de la dérive de leurs traditions et, bien sûr, exigea le droit de vote des femmes, en Grande-Bretagne comme en Inde.

Il convient donc de retracer le parcours féministe d’Annie Besant afin d’en définir l’ampleur et l’influence, en particulier à la lumière de ses propres textes sur le statut de la femme, qui jalonnent ce parcours tout du long.

Lutte par l’exemple

Annie Besant dut tout d’abord trouver le courage de rejeter individuellement le carcan moral et religieux de son époque, incarné dans les lois qui régissaient le statut de la femme, choix extrêmement difficile, alors, pour une jeune femme issue, comme elle, de la classe moyenne londonienne et, qui plus est, jeune épouse d’un pasteur anglican.

Annie Besant découvrit rapidement la puissance des lois qui entravaient encore la moindre initiative des femmes mariées au début des années 1870. En se mariant, l’épouse victorienne abdiquait en effet toute existence légale : mari et femme n’étaient plus qu’une personne devant la loi, mais cette ‘personne’ était exclusivement représentée par le mari (system of coverture). La femme perdait même tout droit sur son corps, car, jusqu’en 1891, un mari pouvait aller jusqu’à séquestrer son épouse et la soumettre au devoir conjugal. Peu de temps après la naissance de son deuxième enfant, épuisée, Annie Besant osa expliquer à son mari qu’elle ne souhaitait pas de nouvelle grossesse. A l’époque, pour un pasteur anglican, cela signifiait l’abstinence. Frank Besant, soucieux d’imposer ses droits d’époux, n’hésita pas à user de violence dans ce but. Par ailleurs, quand en 1868 Annie Besant toucha trente shillings du Family Herald, un magazine familial, pour sa toute première publication, une nouvelle intitulée ‘Sunshine & Shade’ (‘Ombre et soleil’), son mari se les appropria en toute légalité.

En juin 1872, Annie Besant, qui avait perdu la foi, annonça à son mari qu’elle ne communierait plus, y compris dans l’église du Lincolnshire où il officiait. Craignant pour sa réputation, il lui posa un ultimatum : la communion ou leur séparation définitive. Annie Besant choisit la seconde option, et le quitta durant l’été 1873, se mettant automatiquement au ban de la société.

Une procédure de divorce à l'époque victorienne (vers 1870) / crédits : brain pickings

Une procédure de divorce à l’époque victorienne (vers 1870) / crédits : brain pickings

Elle avait alors à peine vingt-cinq ans, mais elle allait être une des premières Victoriennes à utiliser à plein le début de réforme du statut de la femme mariée pour reprendre son indépendance. Le divorce lui était impossible : si le Divorce and Matrimonial Causes Act (loi sur les causes de divorce) de 1857 en avait facilité la procédure, l’adultère de l’épouse ou du mari, à condition, pour ce dernier, qu’il s’accompagne d’un abandon, d’actes de cruauté, d’inceste ou de bigamie, devait être établi, or, nul adultère ici. Annie Besant négocia donc une séparation légale : a deed of separation. Elle invoqua le récent Married Woman’s Property Act de 1870 (loi sur les biens des femmes mariées), qui stipulait que les femmes mariées pouvaient désormais conserver leurs revenus propres, pour s’affranchir financièrement de son mari.

Restait la question de leurs enfants : Digby, né en 1869 et Mabel, née en 1870. Annie Besant fit alors jouer le Custody of Infants Act (loi sur le droit de garde des jeunes enfants), entré en vigueur en avril 1873. Cette loi autorisait la mère à demander un droit de visite ou de garde de ses enfants de moins de seize ans. Annie Besant, qui avait pu prouver la violence de son mari grâce au témoignage d’un médecin, obtint la garde de Mabel, ainsi qu’une petite pension alimentaire pour celle-ci, et un droit de visite de Digby, qui resta néanmoins avec son père. Annie Besant, au-delà du scandale, par l’exemple, contribua à desserrer le carcan juridique des femmes mariées.

Lutte pour une réforme du mariage

Devenue pamphlétaire et conférencière pour la National Secular Society (Société Nationale pour la Laïcité) fin 1874, avant d’en assumer pendant plus de quinze ans la vice-présidence, Annie Besant en utilisa les moyens de lutte, non seulement en faveur de la libre-pensée, mais aussi pour dénoncer le statut de la femme. En fait, elle établit tout de suite un lien entre les deux, estimant que le patriarcat de la société victorienne trouvait ses racines et sa justification dans le christianisme. Elle s’efforça de le démontrer dans deux conférences en particulier : « God’s Views on Marriage, As Revealed in the Old Testament » (Le Point de vue de Dieu sur le mariage, tel que révélé dans l’Ancien Testament), en 1881, et « Woman’s Position according to the Bible » (La Place de la femme selon la Bible), en 1885, au cours de laquelle elle affirmait : « La définition biblique du mariage ne dépasse jamais celle d’une servitude ». Elle s’appuie pour cela en particulier sur les versets 22 à 24 des Épîtres de Paul à Éphèse :

Que les femmes soient soumises à leur mari, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l’Église, son corps, dont il est le Sauveur. Or, de même que l’Église est soumise au Christ, les femmes doivent être soumises à leur mari en toutes choses.

Elle conclut toutefois cette conférence de 1885 par ces lignes optimistes :

Les chaînes nouées autour d’elle par la Bible sont en train d’être brisées par la Libre Pensée ; bientôt                         elle marchera, tête haute, sans entrave, dans la lumière, l’amie, le soutien, l’amante,                       mais plus jamais l’esclave, de l’homme.

Annie Besant, avait déjà exprimé cet idéal d’une complète égalité des sexes dans deux longues conférences, ensuite publiées, qui dénonçaient spécifiquement le statut juridique de la femme mariée : « The Marriage Question » (La Question du mariage), en 1875 puis, en 1878, « Marriage, As It Was, As It Is, And As It Should Be : A Plea For Reform » (Le Mariage tel qu’il a été, tel qu’il est et tel qu’il devrait être : plaidoyer pour une réforme). Dans ce second texte, Annie Besant décrit en détail le statut juridique passé et présent de la femme mariée, et ose évoquer en termes clairs le viol conjugal :

Une femme mariée perd tout contrôle sur son propre corps : il appartient désormais à son propriétaire ;           (…) la force ou la contrainte sont définies par la loi comme viol, dans tous les cas sauf dans le                         mariage : (…) un mari ne peut violer son épouse car le consentement de celle-ci impliqué                                 par le mariage vaut pour le reste de sa vie.

Il faut dire qu’entre-temps Annie Besant avait déjà osé s’attaquer au puissant tabou victorien de la sexualité féminine et de la contraception.

Lutte pour l’accès à l’information sur le contrôle des naissances

En 1877, alors que l’ouvrage venait d’être censuré, Annie Besant parvint à convaincre Charles Bradlaugh (1833-1891), le Président de la National Secular Society, de republier avec leur Freethought Publishing Company (maison d’édition de la Libre Pensée) The Fruits of Philosophy, or The Private Companion to Young Married Couples (Les Fruits de la philosophie : guide intime à l’usage des jeunes mariés). L’auteur, Charles Knowlton (1800-1850), médecin américain athée, y avait traité en 1832 du contrôle des naissances dans le mariage, avec des conseils pratiques. Annie Besant souhaitait en effet provoquer un procès, afin d’y défendre publiquement la cause de la liberté d’expression et de l’accès à l’information sur la contraception. Elle distribua même des exemplaires de The Fruits of Philosophy aux magistrats de la City de Londres ainsi qu’à la police pour accélérer les choses. Elle fut bientôt arrêtée avec Bradlaugh et accusée d’encourager des pratiques « indécentes, obscènes, contre-nature et immorales ».

Le combat dans lequel Annie Besant s’engageait était alors extrêmement osé. Même certains des libres-penseurs de la NSS refusèrent de la soutenir, en particulier leur vétéran, George Holyoake (1817-1906), qui lui assura dans une lettre : « votre intention de publier l’ouvrage de Knowlton vous fera perdre toute respectabilité en tant que femme ». Il finit d’ailleurs par quitter la NSS pour fonder, avec d’autres sécularistes opposés à la démarche d’Annie Besant, la British Secular Union. Ceci venant des libres-penseurs, il est aisé d’imaginer les réactions des milieux plus conservateurs.

Annie Besant et Charles Bradlaugh furent jugés en juin 1877 par la Haute Cour de Justice. Ils avaient entre-temps constitué leur défense, mais avec difficulté. Ainsi, la féministe Millicent Garrett Fawcett (1847–1929) refusa de témoigner, afin de ne pas ternir la cause du droit de vote des femmes. De même, Charles Darwin (1809-1882) répondit à Bradlaugh dans une lettre datée du 6 juin 1877 :

Je serais obligé, devant le tribunal, d’exprimer une opinion très fermement opposée à vous et à Mme Besant. (…) Je crois que toutes ces pratiques conduiraient à terme les femmes à agir de manière insensée et détruiraient la chasteté, dont dépend le lien familial ; et l’affaiblissement de ce lien serait le plus grand de tous les maux possibles pour l’humanité.

Annie Besant choisit donc d’assurer elle-même sa défense, au cours d’un procès rapporté dans toute la presse. Inspirée par l’utilitarisme de John Stuart Mill (1806-1873), elle décrivit l’horreur des conditions de vie dans les taudis surpeuplés et aborda même la question des infanticides à la naissance. Elle fut alors la toute première Britannique à s’exprimer officiellement en public sur le sujet de la contraception. Elle et Bradlaugh furent déclarés coupables, mais laissés en liberté sous caution. Finalement, tous deux furent relaxés pour vice de procédure quelques mois plus tard.

Forte de ce qui n’était pourtant qu’un demi-succès, dès juillet 1877, Annie Besant décida de relancer la Malthusian League (la Ligue Malthusienne), avec pour objectif l’abolition de toute répression légale des débats publics sur le contrôle des naissances. Elle rédigea alors elle-même un ouvrage sur le sujet, intitulé The Law of Population : Its Consequences, and Its Bearing upon Human Conduct and Morals (Le Principe de population et ses conséquences, en particulier sur les conduites et la morale), qui se vendit à 155 000 exemplaires avant 1891. Annie Besant s’y révèle néo-malthusienne car, contrairement à Malthus, elle dénonce comme contraire à la nature le célibat et le mariage tardif. Son ouvrage était clairement destiné aux femmes, les descriptions physiologiques et les conseils pratiques ne s’adressant qu’à elles car, dit-elle :

Leur méconnaissance totale de leur propre corps, censée nécessaire au maintien de leur « pudeur féminine », rend indispensables ces quelques mots d’introduction sur le fonctionnement de la matrice et sur le processus de fertilisation.

Annie Besant n’hésite pas à expliquer clairement l’usage de certains moyens de contraception à l’insu du partenaire :

(…) les plus fiables de ces moyens de prévention sont ceux qui obstruent le passage vers la matrice.             Parmi eux, trois sont des plus utiles : le pessaire soluble, le pessaire en caoutchouc et l’éponge. (…)                                      La femme en détient l’entier contrôle et ils sont absolument indétectables,                                   ce qui en constitue l’énorme avantage.

L’ouvrage fait toutefois bien la différence entre les moyens de contraception et les pratiques abortives, considérées par la loi comme un crime. Annie Besant l’utilise comme argument : « il est évident qu’il vaut mieux prévenir la conception qu’effectuer un avortement ».

En 1891, nouvellement convertie à la Théosophie, Annie Besant changea un temps d’avis sur la chasteté, estimant que les instincts sexuels devaient être subordonnés à la spiritualité, et fit retirer de la circulation The Law of Population. Elle revint toutefois ensuite à son opinion première. En 1927, elle fut l’invitée d’honneur du dîner qui célébra le cinquantième anniversaire de sa Malthusian League. A cette occasion, elle se félicita du chemin parcouru, la Chambre des Lords venant d’approuver l’implantation de dispensaires dans les quartiers pauvres, où les femmes mariées pouvaient être informées sur les moyens de contraception. Elle remarqua aussi avec satisfaction que le taux de natalité, qui était de 36 pour mille en Grande-Bretagne en 1877, avait baissé de moitié en cinquante ans.

Le scandale du procès Knowlton encouragea cependant Frank Besant à réclamer la garde de Mabel, alors âgée de 7 ans, conseillé en cela par l’Évêque de Lincoln. Ce nouveau procès, qui fit là aussi grand bruit, se tint en mai 1878. Annie Besant assura encore elle-même sa défense. Le juge George Jessel (1824-1883) conclut que si Mabel était éduquée par sa mère, elle serait : « une paria dans cette vie et une damnée dans l’au-delà ». Il lui en retira donc la garde, un jugement maintenu en appel.

Lutte pour l’accès des femmes à l’Université

Annie Besant effondrée, ne s’en engagea que plus dans la lutte pour les droits des femmes. En 1878, l’Université de Londres fut la toute première en Grande-Bretagne à offrir le même statut aux étudiantes qu’aux étudiants. Annie Besant s’engouffra immédiatement dans cette brèche et s’inscrivit à l’examen d’entrée en vue d’une Licence ès Sciences.

Elle s’était en effet constitué une solide culture scientifique au fil de ses recherches pour ses conférences à la NSS et rédigeait depuis des années des comptes-rendus d’ouvrages de chimie, de biologie ou de psychologie pour le National Reformer, l’hebdomadaire de la NSS. Elle avait aussi traduit de l’allemand les ouvrages du scientifique Ludwig Büchner (1824-1899), en particulier Kraft und Stoff (Force et matière), en 1855.

Annie Besant réussit brillamment l’examen d’entrée en juillet 1879, décrochant la mention TB en botanique et en physiologie. Son parcours universitaire se voulait un exemple à suivre pour les femmes et fut rapporté en détail dans les colonnes du National Reformer. Depuis 1875, la NSS proposait des cours du soir à ses membres, dans son Hall of Science, que les femmes étaient encouragées à suivre. Il fut alors décidé d’y préparer aussi à l’examen d’entrée à l’Université de Londres et Annie Besant y donna bientôt des cours dans ce but, sur des sujets aussi pointus que le système nerveux ou la physiologie du cerveau.

A l’issue de sa première année de licence, elle obtint la mention TB en chimie, en mathématiques, en mécanique théorique, en magnétisme et électricité, en botanique, en biologie, en physiologie animale, en acoustique, et en étude de la lumière. En 1881, elle décrocha de nouveau des mentions TB en physiologie animale et en botanique avancée, cette dernière étant la seule de toute l’Angleterre cette année-là. Elle avait donc devancé tous les étudiants masculins de licence dans cette matière, un encouragement par l’exemple pour toutes les Victoriennes qui doutaient encore de leurs capacités intellectuelles.

En début de troisième année, Annie Besant se vit pourtant interdire l’accès aux jardins botaniques de Regent’s Park par leur directeur qui, dit-il, redoutait que ses filles ne la croisent. Peu après, le Birbeck Institute, où elle avait suivi ses cours d’électricité, raya son nom de la liste des étudiants reçus aux examens, de peur, expliquèrent-ils, que leurs donateurs ne se retirent s’ils savaient qu’elle faisait partie de leurs étudiants. Enfin, au printemps 1883, l’admission au cours de botanique appliquée de University College lui fut refusée, là aussi en raison de sa réputation. Annie Besant fit appel et un conseil universitaire extraordinaire fut convoqué, incluant le biologiste agnostique, grand défenseur de Darwin, T. H. Huxley (1825-1895). Pourtant, prétextant du contrôle des naissances préconisé par Annie Besant, il conclut : « Si Mrs Besant s’est rendue responsable de la diffusion de cette doctrine (…) je n’ai aucune objection contre son exclusion ».

Annie Besant ne put terminer sa licence, mais elle rendit tout de même un généreux hommage à l’Université de Londres, en 1885, rappelant à la fin de sa conférence Woman’s Position according to the Bible : « ce fut l’Université de Londres, université laïque, qui, la première, offrit aux femmes ces titres et diplômes jusque-là jalousement conservés par les hommes parmi leurs privilèges ».

Luttes féministes socialistes

Cette même année 1885, Annie Besant rejoignit le mouvement socialiste via le Conseil Exécutif de la Fabian Society (Société Fabienne). En 1888, elle adhéra également à la Social Democratic Federation (Fédération Démocrate Socialiste). Dès le départ, le socialisme d’Annie Besant fut puissamment féministe. Dès 1885, toujours dans Woman’s Position according to the Bible, elle décrit la double journée de l’ouvrière victorienne :

(…) une ouvrière mariée s’échine au travail toute la journée à l’usine, et rentre chez elle le soir pour faire le ménage, la lessive, le ravaudage, les vêtements des enfants, la cuisine, etc.

Elle développa longuement la question de la place de la femme dans le monde du travail dans deux articles : « The Economic Position of Women » (La Situation économique des femmes), dans le numéro d’août 1887 de son propre mensuel Our Corner, et « Women and Socialism » (Les Femmes et le socialisme), dans le numéro du 12 octobre 1889 de Justice, l’organe de la Social Democratic Federation.

Dans le premier, elle dénonce les terribles inégalités de revenus entre hommes et femmes. Selon elle, les salaires de misère des ouvrières encouragent une prostitution à laquelle beaucoup doivent recourir pour survivre. De même, nombre de jeunes femmes des classes moyennes, faute de perspectives, font un mariage de raison, ce qui, pour Annie Besant, ne vaut guère mieux : « Si une femme ne parvient pas à gagner sa vie en travaillant, elle n’a pas guère d’autre choix que de vendre son corps ». Elle appelle les femmes « à s’extraire d’une vie toute entière vouée à la question du sexe, et (…) à la dépendance aux hommes ». De toute façon, pense-t-elle : « les mariages les plus heureux sont ceux où les deux partenaires travaillent pour le foyer commun ».

« Women and Socialism », pour sa part, en appelle aux socialistes et aux syndicalistes, qui ne voient alors dans l’ouvrière qu’une concurrente déloyale, prête à accepter un salaire de misère : « [ces hommes] ont tout fait pour exclure les femmes du marché du travail, au lieu de les inclure dans les forces du combat ouvrier. » Alors qu’exiger à travail égal, salaire égal, règlerait cet épineux problème à la satisfaction de tous, dit-elle. Pour cela, Annie Besant comprit qu’il fallait que les ouvrières elles-mêmes s’organisent.

Elle mena alors un de ses combats dont les Britanniques se souviennent le mieux. En juin 1888, lors d’une conférence de Clementina Black (1853-1922) pour la Fabian Society, Annie Besant apprit que le fabricant d’allumettes de sûreté Bryant & May venait de verser 22% de dividendes à ses actionnaires, mais ne payait ses jeunes ouvrières qu’entre 4 et 8 shillings par semaine, alors qu’à l’époque un homme ouvrier agricole pouvait espérer 12 shillings par semaine, et un ouvrier qualifié 28.

Annie Besant alla interroger quelques ouvrières à la sortie de la fabrique, située dans l’East End de Londres. Elle apprit que ces adolescentes travaillaient jusqu’à seize heures par jour, alors que la journée de travail d’une femme était limitée à dix heures depuis 1847. De plus, rares étaient celles qui touchaient l’intégralité de leur maigre salaire, en raison de tout un système d’amendes. Beaucoup souffraient enfin de phossy jaw, une terrible nécrose de l’os de la mâchoire provoquée par les vapeurs de phosphore. Le 23 juin 1888, Annie Besant publia donc à la une de The Link, l’hebdomadaire socialiste qu’elle avait lancé l’année précédente, un éditorial intitulé « White Slavery in London » (Esclavage blanc à Londres) qui dénonçait ces conditions de travail et concluait sur un appel au boycott :

Ah, si nous avions un nouveau Dante, au service du peuple, pour qu’il décrive un cercle des Enfers où seraient jetés ceux qui se repaissent d’une telle misère, et s’enrichissent sur la faim de ces gamines sans défense. Faute d’un tel poète (…) attaquons-nous à leur conscience, c’est-à-dire à leurs poches, et évitons d’être leurs complices dans le vice en refusant d’utiliser leurs produits.

L’article fit grand bruit, le boycott prit, et trois jeunes ouvrières, accusées d’avoir parlé à Annie Besant, furent renvoyées. Deux cents de leurs camarades se rendirent alors au siège de The Link, dans la City de Londres, pour demander à Annie Besant de les soutenir. Bientôt, sept cents allumettières furent en grève. Annie Besant conduisit leur délégation au Parlement, où elles furent autorisées à exposer leurs griefs à un groupe de Membres. Grâce à la caisse de grève qu’Annie Besant réunit, leur mouvement put durer trois semaines, à l’issue desquelles les salaires furent augmentés et les conditions de travail améliorées.

La direction accepta également que les ouvrières s’organisent en syndicat. L’Union of Women Match Makers (Le syndicat des allumettières) vit officiellement le jour en juillet 1888, avec plus de 650 membres. Annie Besant en devint secrétaire. Il s’agissait d’un des tout premiers syndicats d’ouvrières non qualifiées. Annie Besant inaugura ainsi une nouvelle ère dans l’histoire du syndicalisme britannique : celle du New Unionism, du renouveau syndical. Alors que les syndicats existants étaient des syndicats de métier, masculins, élitistes et plus proches de mutuelles que de véritables syndicats, elle avait su prouver à des ouvrières non qualifiées qu’elles aussi pouvaient obtenir gain de cause en s’organisant. Lors de son bilan de l’année 1888, The Women’s Union Journal de Londres souligna l’importance de ce tournant décisif, initié par Annie Besant :

(…) le 27 juillet, ce syndicat fut officiellement fondé, et Mrs Besant, qui avait si bien conseillé ces jeunes filles durant leur grève victorieuse, en fut nommée secrétaire. Ce syndicat est le plus important syndicat féminin à ce jour. Cette grève fut un vigoureux encouragement à la cause des organisations féminines. Ce mouvement de protestation (…) révéla l’esprit de corps de ces jeunes filles, leurs capacités d’auto-discipline et d’action concertée, ainsi qu’un remarquable mélange de sang-froid et de détermination.

En novembre 1888, Annie Besant fut invitée par les allumettières à les représenter à l’International Trade Union Congress, le congrès syndical international, qui se tint à Londres, avec plus d’une centaine de délégués syndicaux venus de toute l’Europe. Nombreuses furent alors les ouvrières exploitées qui s’adressèrent à elle dans les mois qui suivirent, comme les ouvrières du textile de Leeds ou d’Aberdeen, qu’elle aida à s’organiser à leur tour.

En février 1889, même Millicent Fawcett rendit hommage à Annie Besant dans les colonnes du Women’s Penny Paper, dans un article intitulé « Why are Women’s Wages Lower than Men’s » (Pourquoi les salaires des femmes sont-ils inférieurs à ceux des hommes ?) :

J’ai rarement eu la chance d’être d’accord avec Mrs Besant, alors je ne me réjouis que plus de cette occasion qui m’est donnée de saluer le courage avec lequel elle a guidé les allumettières dans leur grève et de dire combien les ouvrières lui en sont redevables.

Lutte pour les droits civiques des femmes

L’entrée en politique d’Annie Besant se fit au moment de l’intensification de la lutte pour le droit de vote des femmes, lutte qu’elle menait déjà depuis une quinzaine d’années. En effet, sa toute première conférence, donnée en août 1874, s’intitulait The Political Status of Women (Du Statut politique des femmes) et témoignait déjà d’un féminisme radical : « Sans le droit de vote [les femmes] ne pourraient que demander des réformes ; électrices, elles pourraient les exiger ». Ses arguments s’inspirent de ceux de John Stuart Mill dans The Subjection of Women (De l’Assujettissement des femmes), paru en 1869, mais elle y ajoute une touche toute personnelle, s’adressant aux hommes : « Si vous refusez de voir en nous des rivales, nous ne pouvons qu’en penser que, devinant que nous sommes en fait vos égales, ce n’est que pour cacher vos doutes sur votre supériorité que vous jacassez sans fin sur notre faiblesse ». Elle conclut néanmoins par un appel à la « fraternité entre hommes et femmes dans une amitié sereine », afin qu’ils « travaillent côte à côte à toutes les nobles tâches, soient partenaires dans tous les projets vertueux, et compagnons de combat pour toutes les causes justes ».

En 1870, les femmes assujetties aux impôts locaux obtinrent le droit de vote pour les School Boards, conseils scolaires élus tous les trois ans pour faire appliquer localement l’Elementary Education Act, la loi sur l’école élémentaire. Elles furent aussi autorisées à se présenter à ces élections. En 1876, Annie Besant se réjouit dans un éditorial du National Reformer de voir quatre femmes élues au School Board de Londres. En 1888, elle s’y présenta à son tour, pour la circonscription ouvrière de Tower Hamlets, dans l’East End de Londres. Il s’agissait toutefois d’un pis-aller, puisqu’elle avait espéré se présenter au tout nouveau London County Council, conseil municipal de Londres, fondé cette année-là. Malheureusement, les femmes avaient été immédiatement exclues suite à une décision de justice qui avait fait jurisprudence. Dans son programme électoral, socialiste et laïc, Annie Besant affirma clairement :

(…) il faut des femmes dans le School Board (elle ne parle ici que de celui de Londres) et il y a trop peu de candidates. Les femmes ont prouvé leur utilité, en particulier pour tout ce qui concerne les détails de la gestion administrative, chaque fois qu’elles ont été élues à des fonctions publiques, et c’est en tant que femme que je sollicite vos voix.

Malgré le déchaînement du clergé anglican local contre sa candidature, elle remporta le siège haut la main.

Par ailleurs, en 1890, le Women’s Penny Paper rapporta qu’à l’occasion d’une conférence pour la Women’s Liberal Association, intitulée « Women in the State, the Labour Market and the Family » (Le rôle des femmes dans l’Etat, sur le marché du travail et en famille), Annie Besant prit clairement position sur une question qui divisait alors les femmes suffragistes. Elle exigea que le droit de vote ne soit pas accordé aux seules célibataires ou veuves, mais aussi aux femmes mariées.

Annie Besant s’impliqua directement dans la lutte suffragiste des années 1910. Elle remplaça ainsi Emmeline Pankhurst, alors en prison, à la tribune d’un rassemblement organisé par sa Women’s Social and Political Union (Union Sociale et Politique des Femmes) en 1912. C’était au plus fort de leur militantisme et de la répression policière à leur encontre, qu’Annie Besant condamna sans appel dans une lettre au Times sur ce sujet : « Dire qu’on ne punit pas les maris qui battent leur femme aussi sévèrement qu’elles ! », s’exclama-t-elle.

L’année précédente, Annie Besant avait participé à l’immense manifestation des quelques 70 000 femmes suffragistes organisée le 17 juin 1911, en marge du couronnement de George V, aux côtés des Pankhurst mère et filles et du Fabian Women’s Group (le groupe des femmes membres de la Société Fabienne). Le soir même, elle s’était adressée à une foule de 10 000 personnes rassemblées au Royal Albert Hall, concluant son discours, sobrement intitulé « Votes for Women » (Le droit de vote des femmes), par un appel à la fraternité universelle :

Pensez-vous que nous sommes réunis ici ce soir pour soutenir un mouvement de femmes ? Ce n’est pas un mouvement de femmes, c’est un mouvement humaniste. Hommes et femmes ne peuvent être séparés en deux classes distinctes. Il n’existe qu’une seule et unique condition humaine.

Luttes féministes et spirituelles

En effet, depuis 1889, Annie Besant était membre de la Société Théosophique, qu’elle présidait depuis 1907, et elle vivait la majeure partie de l’année en Inde depuis 1895. La Société Théosophique, fondée à New York en 1875 principalement par Helena Petrovna (Madame) Blavatsky (1831-1891), a pour objectif premier d’œuvrer à l’avènement d’une Fraternité Universelle, sans distinction de races, de classes, de croyances ou de sexe. Pour cette raison, cette forme de spiritualité attira sous la présidence d’Annie Besant nombre de féministes victoriennes et édouardiennes. Parmi les plus importantes, il convient de citer les suffragettes Isabel Cooper-Oakley (1854-1914) et Ursula Mellor Bright (1835-1915), la pédagogue socialiste chrétienne Margaret McMillan (1860-1931), les suffragettes socialistes Dora B. Montefiore (1851-1933) et Emmeline Pethick-Lawrence (1867-1954), l’actrice engagée Florence Farr (1860-1917), mais aussi Lady Emily Lutyens née Bulwer-Lytton (1874–1964), ou encore la journaliste féministe et socialiste Constance Lloyd (1858-1898), épouse d’Oscar Wilde, par ailleurs nationaliste irlandaise, comme la suffragette socialiste Charlotte Despard (1844-1939), qui publia, en 1913, Theosophy and the Woman’s Movement (La Théosophie et le mouvement des femmes). Enfin, lorsque les Théosophes lancèrent leur Art Circle en 1908, Caroline F. E. Spurgeon (1869-1942) les rejoignit. Docteur ès Lettres de la Sorbonne en 1911 avec une thèse sur le poète médiéval Geoffrey Chaucer, elle fut la toute première Britannique nommée Professeur d’Université, en 1913, au Bedford College, de l’Université de Londres.

En marge de la Théosophie, Annie Besant lutta aussi pour une franc-maçonnerie mixte. C’est d’ailleurs en costume d’apparat de sa loge mixte qu’elle choisit de défiler lors de la grande manifestation des femmes suffragistes de juin 1911. En 1902, elle fonda The Order of Universal Co-Freemasonry (L’Ordre de la franc-maçonnerie mixte universelle), sur le modèle du Droit Humain, loge mixte fondée par la féministe et républicaine française Maria Deraismes (1828-1894). En quelques années, sous l’impulsion d’Annie Besant, cet ordre, un des rares à accepter hommes et femmes à égalité, essaima à travers le monde. Annie Besant en demeura à la tête jusqu’à sa mort.

Luttes féministes en Inde

Installée en Inde, Annie Besant y importa ses luttes féministes. Toutefois, elle ne se permit pas de critiquer immédiatement les coutumes qui pesaient sur le sort des Indiennes, telles que le mariage précoce, ou l’interdiction faite aux veuves de se remarier, d’autant qu’elle œuvrait alors au renouveau culturel et spirituel indien.

Dès 1894, de retour de son premier séjour en Inde, Annie Besant s’en justifiait :

Les coutumes varient énormément d’une région à l’autre de l’Inde, et la question du statut de la femme y est beaucoup plus complexe que ce que tendent à penser bien des réformateurs anglais. (…) en fait, les Hindous désapprouvent beaucoup des attitudes et des habitudes des Européennes, considérant l’idéal féminin occidental bien inférieur au leur.

Le Woman’s Herald, qui rapportait ses propos, s’en inquiéta, rappelant au passage l’importance des luttes féministes d’Annie Besant jusque-là :

Mrs Besant, qui a dans le passé si noblement défendu la cause des femmes, devrait avoir la sagesse de regarder ces maux en face et, puisqu’ils existent, de mettre sa grande intelligence au travail d’une réforme des traditions orientales (…).

En fait, les réformes déjà imposées par les Britanniques, telles que The Age of Consent Act de 1891 (La loi sur l’âge de consentement sexuel), avaient suscité de violentes réactions dans la population indienne. De plus, les missionnaires chrétiens utilisaient alors à l’envi l’argument de la condition féminine en Inde comme prétexte pour justifier leur lutte contre une religion hindoue ainsi présentée comme barbare et primitive. Annie Besant subit d’ailleurs les attaques en règle de la Missionary Society (La Société des missionnaires) sur ce sujet.

Les réformateurs indiens, comme Kaliprasanna Kavyabisharad ou le journal libéral de Madras The Indian Social Reformer, finirent toutefois par critiquer eux aussi l’attitude qu’ils jugeaient trop tolérante d’Annie Besant vis-à-vis de la condition des Indiennes. Le tournant intervint en 1901. S’estimant suffisamment intégrée, Annie Besant se permit une série de conférences, publiées sous le titre Ancient Ideals in Modern Life (Idéaux anciens et modernité) dont l’une portait sur « Womanhood » (Féminité). Ces conférences furent accueillies très favorablement, cette fois, par l’Indian Social Reformer.

Annie Besant en 1897

Annie Besant en 1897

Partisane d’une renaissance culturelle et spirituelle hindoue, Annie Besant s’inspirait d’un passé idéalisé, celui de la société védique, où les femmes n’auraient pas encore souffert de discrimination, d’oppression et de pratiques traditionnelles qu’elle estimait importées. Elle soutenait donc que les réformes qu’elle proposait désormais ne correspondaient pas à une volonté d’occidentalisation de l’Inde, mais au retour à un Hindouisme originel, qui valorisait, selon elle, les femmes fortes et éduquées. En donnant plus de liberté aux femmes, affirme-t-elle alors aux Indiens : « vous n’imiteriez pas l’Occident, vous vous conformeriez à votre propre culture ancestrale ». Et des Hindous conservateurs et orthodoxes, elle dit : « ces hommes sont aussi dangereux pour le futur religieux de l’Inde que ceux qui voudraient totalement l’occidentaliser ».

Toujours en 1901, Annie Besant rédigea un essai sur The Education of Indian Girls (L’Éducation des petites Indiennes). En 1904, elle fonda la Central Hindu Girls’ School, lycée hindou de filles, avec un programme scolaire qui demeurait toutefois prudent et respectueux des traditions. En 1906, Narayanara Chandavarkar, qui avait été Président de l’Indian National Congress (Congrès National Indien) et qui dirigeait l’Université de Bombay, écrivit à l’Indian National Reformer pour exprimer son admiration de la façon dont Annie Besant avait su, graduellement et avec tact, dit-il, faire accepter ses réformes féministes. Ainsi, plutôt que de lutter pour le droit des veuves à se remarier, Annie Besant préférait-elle les aider à accéder à l’éducation et au marché de l’emploi.

En 1913, Annie Besant exprima plus clairement encore sa volonté de réforme, avec une série de conférences données à Madras intitulée Wake up, India : a Plea for Social Reform (Debout, l’Inde : plaidoyer pour une réforme sociale). Désormais engagée dans la lutte pour l’auto-détermination de l’Inde (Home Rule), elle y affirmait que seule une Inde réformée pourrait acquérir l’autonomie politique, et que toute forme d’oppression et d’inégalité devait être abolie, tel que le système des castes ou l’infériorité et l’ignorance des femmes : « Les Indiens ne mériteront pas la liberté politique tant qu’ils n’auront pas libéré socialement les Indiennes ». A ceux qui la taxèrent alors d’impérialisme culturel, elle répliqua qu’elle luttait tout autant contre la culture britannique en affirmant l’égalité homme-femme.

En 1917, Annie Besant accepta la présidence de la Women’s India Association (Association des Femmes Indiennes), tout juste fondée par les féministes théosophes Dorothy Jinaradjadasa et Margaret Cousins (1878-1954). Cette dernière avait déjà lancé en 1908 l’Irish Women’s Franchise League (La ligue pour le droit de vote des Irlandaises).

Annie Besant devint un des principaux leaders du mouvement nationaliste indien, aux côtés de Gandhi et des Nehru, au point d’être mise en résidence surveillée par les autorités britanniques en 1917. A sa libération, en décembre de cette année-là, elle fut élue présidente de l’Indian National Congress. Elle inscrivit alors le droit de vote des femmes dans ses résolutions, soulignant leur importance dans la lutte pour l’auto-détermination lors de son allocution inaugurale.

En 1919, Annie Besant fut élue Présidente de l’Indian Ladies’ Conference, durant laquelle elle fit de nouveau un discours remarqué sur les droits et l’éducation des Indiennes. Cette même année, elle fit partie de la délégation reçue par Edwin Montagu, le Secrétaire d’État à l’Inde, lors de sa visite à Madras, afin de lui arracher la promesse de prévoir le droit de vote des femmes dans tout projet d’autonomie du pays.

Lorsque le parlement local de Madras décida d’accorder le droit de vote aux femmes, en 1921, Annie Besant fut invitée à s’exprimer lors des célébrations qui suivirent. Madras en cela devança la Grande-Bretagne de sept ans, puisque les femmes n’y obtinrent les mêmes droits civiques que les hommes qu’en 1928. Là encore, Annie Besant, alors âgée de plus de quatre-vingts ans, fut conviée aux célébrations, à Londres.

Les Indiennes furent nombreuses à honorer la mémoire d’Annie Besant à sa mort, à Madras, en 1933. La poétesse et nationaliste Sarojini Naidu (1879-1949), qui fut elle aussi élue présidente de l’INC, en 1925, dit ainsi de celle aux côtés de qui elle avait lutté : « elle a plus fait de son vivant pour la cause des Indiennes qu’aucune d’entre elles.»

Annie Besant a aussi fait beaucoup pour les femmes britanniques, et son féminisme mérite largement d’être réévalué aujourd’hui.

Les Luttes féministes d’Annie Besant (Londres, 1847 – Madras, 1933)

Pour citer cet article : http://bullesdesavoir.com/2013/07/13/les-luttes-feministes-dannie-besant-londres-1847-madras-1933/ © Bulles de Savoir

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