Être financé pour étudier : tout le monde a sa chance !

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Saviez-vous qu’il n’est pas nécessaire d’être major de sa promotion ou boursier de l’Etat pour obtenir un financement d’études ou de thèses ? pas nécessaire d’être élève d’une école de la fonction publique ? Saviez-vous que tout le monde a sa chance d’être financé pour étudier ? Toute la question est alors de savoir où trouver les financeurs.

Bulles de Savoir a rencontré Maria Schulze, jeune chercheuse scientifique, dont le site internet maBourse.fr se révèle fort utile en la matière…

Bonjour Maria Schulze. Merci d’avoir accepté de nous parler de maBourse.fr. De quoi s’agit-il au juste ?

Bonjour. Et merci à Bulles de Savoir de m’en donner l’opportunité.

MaBourse.fr est un site Internet qui a vu le jour en février de cette année. Son originalité est de mettre gratuitement à disposition des étudiants et des jeunes chercheurs un moteur de recherche leur permettant de trouver aisément un, voire plusieurs, financements pour leurs études ou leurs recherches.

Comment vous est venue l’idée de monter ce projet ?

Au cours de mes trois années de post-doctorat à Montpellier, j’ai rencontré nombre d’étudiants et de thésards qui ne savaient pas du tout comment et où ils pouvaient trouver un financement autre que celui de l’État. En naviguant sur Internet, nous nous sommes rendus compte qu’il existe, en France, de multiples possibilités. Mais comme il n’est pas facile de trouver ces offres, les intéressés ne savent pas nécessairement où regarder et n’ont pas toujours le temps de mener une recherche exhaustive. Les financeurs ont pourtant tout aussi intérêt à les rendre visibles, sinon quoi ils manqueront, et c’est parfois le cas, de bons candidats.

Pour remédier à cette situation, nous avons créé, en juillet 2013, l’association TAFER. Le but est clair : faciliter la recherche de financements pour les études et la recherche. A cette fin, nous proposons non seulement des accompagnements personnels, des services d’information et des formations à destination tant des étudiants que des universités, des écoles doctorales et des instituts de recherche, mais nous avons surtout mis au point une base de données, voyez-la comme un moteur de recherche, dans laquelle sont recensés les financements existant en France. Cette même base de données constitue le cœur du site maBourse.fr, le projet le plus récent de notre associaiton.

© Maria Schulze

© Maria Schulze

Qui peut prétendre à ces bourses ?

Elles s’adressent à tous les étudiants de l’enseignement supérieur, de la première année de licence jusqu’aux années de post-doctorat, et cela quelle que soit leur discipline. Quand je dis « tous les étudiants », comprenez : il n’est pas nécessaire d’être major de sa promotion, même si l’excellence académique ou des publications dans des revues représentent un atout indéniable, ni boursier de l’État pour obtenir un financement d’études ou de thèse. Toutefois, 5 % des bourses recensées dans notre base de données sont bel et bien attribuées sur critères sociaux.

Dans un tout autre registre, peut également prétendre à ces subventions, toute personne âgée entre 15 et 30 ans qui aurait envie de porter un ou des « projets personnels ».

Tout le monde a donc sa chance !

De quelle(s) nature(s) sont ces financements ?

Il peut s’agir des aides classiques, des allocations et des bourses ; vous trouverez, en outre, des prix. Les financements traditionnels sont le fait de l’État, tandis que la plupart des bourses sont attribuées tantôt par des fondations privées, tantôt, cela est moins fréquent, conjointement par des fondations et des entreprises. Les associations scientifiques ne sont pas en reste : celles-ci soutiennent fortement la recherche dans son ensemble, dans leur domaine tout particulièrement. Sur maBourse.fr, vous aurez également connaissance des possibilités de financement un peu moins connues.

Comment trouve-t-on à partir de votre site les bourses pour lesquelles nous sommes éligibles ?

Sur maBourse.fr, la recherche est personnalisée. En clair, s’affiche sur l’écran de votre ordinateur uniquement les bourses pour lesquelles vous êtes éligible. Vous devez pour cela procéder à votre inscription en remplissant un questionnaire en ligne. Après quoi vous êtes dirigé(e) vers les offres qui correspondent le mieux à votre profil. Notre base de données contient 1500 financements des plus divers. A côté de chacune des bourses, figurent quelques détails comme la nature du financement, la date limite à laquelle il vous faudra remettre votre dossier de candidature, et bien entendu le lien vers le site internet de l’offre.

Deux autres points importants. Tout d’abord, nous sauvegardons vos données de manière anonyme pour que vous n’ayez pas besoin de remplir le formulaire d’inscription à chaque fois que vous visiterez notre page. Ensuite, ces mêmes fois où vous vous connecterez, la liste des financements pour lesquels vous êtes éligible est susceptible d’évoluer : en effet, nous l’actualiserons dès lors que nous aurons connaissance de l’existence de nouvelles bourses correspondant à votre profil.

Une fois les bourses trouvées, y candidater requiert-il un certain nombre de savoir-faire, de « codes », de piège à éviter ? Bref, comment espérer décrocher le « jackpot » ?

Il faut bien garder une chose en tête : même un dossier parfait ne garantit pas d’obtenir une bourse.

Cela dit, pour vous donner le maximum de chances, je vous conseillerais de vous demander attentivement comment, pour convaincre les responsables d’une fondation ou d’une université de vous financer, montrer votre singularité, mettre en avant vos qualités.

Adapter sa candidature aux atteintes du financeur est, en outre, important. Or, cela est très souvent négligé par les candidats. Assurément il n’est pas évident de préparer sa première candidature. D’où l’intérêt, sur maBourse.fr, de la présence d’un espace « candidature ». Vous pourrez y dénicher quelques conseils et astuces utiles pour une candidature réussie.

Toujours dans cette optique, l’association TAFER propose de son côté des formations, en collaboration avec les universités et les écoles doctorales, au cours desquelles sont présentées aux étudiants et thésards les possibilités qui s’ouvrent à eux, ainsi que les démarches à suivre.

Est-il possible de cumuler plusieurs bourses ?

Cela dépend de l’offre.

Pour les étudiants, il y a très peu de bourses qui excluent un ou des financement(s) supplémentaire(s). Du reste, certaines requièrent que le candidat, pour être éligible, soit également boursier du CROUS.

Tout cumul est interdit pour les thésards et les post-doctorants dans la mesure où leur financement prend souvent la forme d’un contrat de travail.

Enfin, la plupart des bourses de mobilité peuvent être cumulés, de même que les prix. D’ailleurs, les thésards tendent à oublier les seconds, alors qu’ils peuvent donner une valeur ajoutée au CV puisqu’ils témoignent de la reconnaissance de la qualité d’un travail.

Votre démarche, placée sous le signe de la transparence, ne va pas faire que des heureux : que répondez-vous à ceux qui ne manqueront pas de tacler votre initiative ?

Je ne vois pas qui peut être opposé à un service comme le nôtre. Je crois qu’il est nécessaire d’avoir un site comme maBourse.fr.

Chaque semaine, ce sont environ 1000 visiteurs qui se rendent sur notre site et, jusqu’à maintenant, nous n’avons que des retours positifs sur le projet.

Toutefois, j’admets que le nom de notre association, « Transparence pour les Aides et Financements d’ Étude et de Recherche » (TAFER), peut laisser penser que nous critiquons un système de l’entre-soi, dans lequel l’existence des financements d’étude et de recherche ne serait connue que de certaines personnes qui auraient tout intérêt à ce que les choses restent ainsi. Si contribuer à rendre ces offres plus visibles s’apparente à une critique du système en question, alors libre aux gens de voir notre action comme telle. Mais la véritable question est plutôt de savoir, me semble-t-il, si cela profitera aux étudiants. Nous le croyons.

Supposons donc, pour terminer, que davantage d’étudiants se lancent, grâce à ces financements, dans des études doctorales en vue d’une carrière académique. Ne faudrait-il pas dans le même temps stabiliser les emplois auxquels ils se destinent, faute de quoi il risque d’y avoir encore plus de frustration qu’à l’heure actuelle ?

Que l’on ne se trompe pas : maBourse.fr ne crée pas de nouveaux financements. Nous nous contentons juste de rassembler en un même « lieu » les offres déjà existantes et de faire connaître celles-ci à un grand nombre d’étudiants.

Cela étant, le problème que vous soulevez existe réellement dans plusieurs domaines. L’État comme les écoles doctorales et les instituts de recherche essaient de trouver des solutions pour créer un avenir professionnel après le doctorat. Le premier point à changer, et sur ce point tous les acteurs sus-mentionnés vont dans la même direction, est de valoriser le doctorat non seulement comme trois années d’études supplémentaires après le master, mais bien comme une véritable expérience professionnelle. Dans d’autres pays d’Europe, le doctorat représente un puissant tremplin pour accéder à des postes de cadre dans le secteur privé. Pourquoi pas en France ?

Pour résumer, avec maBourse.fr nous cherchons avant tout à aider des étudiants qui, malgré cet avenir incertain, sont motivés pour poursuivre leurs études, faire des stages, ou encore continuer dans la recherche.

Merci beaucoup Maria Schulze et bon courage.

Entretien préparé et réalisé par :

Victor SERRE

Pour citer cet article : http://bullesdesavoir.com/2014/03/17/etre-finance-pour-etudier-tout-le-monde-a-sa-chance/ © Bulles de Savoir

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