Henry David Thoreau, une vie philosophique

Heidegger, commençant son cours sur Aristote, aurait brandi cette formule lapidaire : « Il naquit, travailla et mourut ». Il suggérait ainsi qu’on n’a nullement besoin de s’attarder sur la biographie d’un philosophe pour comprendre sa pensée. Gilles Deleuze et Félix Guattari, plus récemment, ont défini la philosophie comme « l’art de former, d’inventer et de fabriquer des concepts ». Philosopher ne serait qu’un travail de la pensée. Pierre Hadot, professeur au Collège de France, refuse cette approche. Partant de son étude sur la philosophie antique, il définit « la philosophie comme manière de vivre ». La manière de vivre philosophique correspond simplement au « comportement du philosophe dans la vie quotidienne ». Le meilleur exemple est offert par les cyniques, notamment Diogène dans son tonneau, qui ne professaient aucune doctrine et se contentaient de vivre dans leur style si particulier, au mépris des conventions et des ratiocinations. Dès lors que la philosophie est indissociable de la vie de celui qui la professe, « on ne peut considérer les discours philosophiques comme des réalités qui existeraient en elles-mêmes et pour elles-mêmes, et en étudier la structure indépendamment du philosophe qui les a développés ».

Thoreau, qui emporte l’admiration de Hadot, considère lui aussi que la philosophie prend sa source dans l’action plutôt que dans le ciel des idées. C’est avec déception qu’il constate qu’« il y a de nos jours des professeurs de philosophie, mais pas de philosophes ». A ses yeux, être philosophe n’est pas seulement bâtir un ordre de raison. C’est aimer assez la sagesse pour mener une vie de simplicité et d’indépendance, de générosité et de confiance. « Philosopher, c’est donc résoudre quelques uns des problèmes de la vie, non pas en théorie seulement, mais en pratique ». Thoreau délivre ainsi la clé de lecture : pour comprendre sa pensée, il compte moins d’avoir lu les dizaines de milliers de pages de son Journal que de saisir la portée symbolique d’évènements marquants de sa vie. Sa nuit en prison et ses deux années passées dans les bois sont emblématiques de ses idées. Ces deux événements éclairent respectivement la philosophie du devoir de désobéissance civile et celle de la vie sauvage.

En réponse à cette invitation, présentons la vie et la philosophie de Thoreau dans un même mouvement : sa vie philosophique. Un tel choix respecte la volonté de Thoreau, qui souhaitait qu’on lise sa philosophie au regard de sa vie. Chaque pensée peut être appréhendée par au moins deux méthodes – l’une conceptuelle et l’autre existentielle –, et la seconde est la plus adaptée à la philosophie de Thoreau. Celui-ci ne fournit pas une présentation systématique et ordonnée de sa pensée. Il ne définit jamais de concepts. Il procède plutôt par anecdotes, par analogies et par images. Ses arguments décevront les amateurs de système. Thoreau invective et interpelle son lecteur par des affirmations aussi furtives que peu argumentées. Et dès que l’on cherche à mettre sa pensée en concepts, les incohérences fleurissent. Élitiste sur la page de gauche, Thoreau se révèle égalitariste sur celle de droite. Il en va ainsi sur de nombreux sujets. Comme les transcendantalistes, il revendique le droit de se tromper et de changer d’avis. Thoreau ne serait pas un grand philosophe s’il n’avait pas vécu dans les bois et refusé de payer ses impôts.

Avant Walden

David Henry Thoreau naît en 1817 à Concord (Massachusetts), dans une famille d’origine écossaise et française. Son père est dans le commerce. Les affaires ne sont pas grandioses, ce qui contraint la famille à déménager plusieurs fois dans le Massachusetts. En 1824, les Thoreau reviennent à Concord, où le père ouvre une fabrique de crayons. La porte de la maison familiale est grand ouverte. M. et Mme. Thoreau sont connus pour leur engagement sans faille contre l’esclavage. Leur salon fait office de quartier général pour les militants abolitionnistes locaux. Le jeune David Henry, renfermé, n’apprécie pas le va-et-vient incessant des amis de ses parents. En 1833, il est admis comme boursier à Harvard. Nombre de cours l’ennuient, de sorte qu’il se contente de valider certains avec la moyenne. On lui fait alors comprendre que son statut de boursier exige qu’il s’investisse davantage ; argument dont il n’a que faire. Néanmoins, il se passionne pour la traduction des classiques grecs et latins, où il obtient d’excellents résultats.

En 1835, Thoreau découvre le transcendantalisme, mouvement littéraire, philosophique et spirituel mené par Ralph Wardo Emerson, résidant également à Concord. Pour Marc Bellot, spécialiste d’Emerson, le transcendantalisme se définit comme « la prééminence de la conscience individuelle dans son rapport à un ensemble de lois supérieures qui régissent et informent les grands principes moraux universels sur lesquels doit se calquer toute conduite ici-bas et dont la finalité est le salut de l’âme ». Plus simplement, le Littré définit le transcendantalisme comme un terme de philosophie qui « se dit de tous les systèmes dont le point de départ n’est pas l’observation et l’analyse ». En l’occurrence, ce point de départ se situe dans la conscience individuelle. Le Transcendal Club, groupe de réunion des adeptes du transcendantalisme, aura une influence forte et durable sur Thoreau. Entre 1840 et 1844, il publie plusieurs essais et poèmes dans leur journal, le Dial.

1837 est une année faste. Lors de son discours de fin de scolarité à Harvard, Thoreau se fait remarquer pour sa critique acerbe de la société, du culte du commerce et de la sacralisation de l’argent. Peu après, il se présente à l’état civil et fait changer son prénom de David Henry en Henry David, sans donner la moindre explication. Volonté de tout contrôler ? L’hypothèse est plausible. D’un prénom subi, Thoreau accède à un prénom choisi. Il ne supporte aucune contrainte, et désire affirmer son indépendance à l’égard de ses géniteurs. C’est Henry David, donc, qui devient instituteur à l’école publique de Concord. Mais il donne sa démission au bout d’une semaine, refusant d’appliquer les sévices corporels à ses élèves, malgré la légalité de ces punitions et l’insistance d’un membre du conseil d’administration de l’école.

L’année suivante, avec son frère John, il ouvre sa propre école, aux méthodes pédagogiques innovantes et libertaires. Outre l’importance accordée aux activités manuelles et au contact avec la nature, il associe les enfants à la mise en place du règlement disciplinaire. On pressent déjà le Thoreau de La désobéissance civile qui, neuf ans plus tard, refusera l’obéissance à une autorité dont la légitimité n’est pas consentie par ses sujets.

Entre 1841 et 1843, Thoreau habite chez son ami et chef de file transcendantaliste, Emerson. Ce dernier perd son fils peu après que Thoreau ait lui-même perdu son frère, John. Ces deux décès l’affectent profondément. Mais la vie reprend le dessus. Il se remet à la lecture, notamment des sages hindous et persans. Il se passionne pour le Bhagavad-Gita ; fait notable puisque Gandhi puisera dans ce texte fondamental de l’hindouisme les sources du concept d’ahimsa – qui désigne le respect de la vie ou l’absence de nuisance, en sanskrit . Cependant, Thoreau ne fait pas profession de non-violence, puisque lors d’un débat public, à la question « est-il jamais acceptable de résister par la force ? », il répond par l’affirmative. En 1843, il est envoyé à New York comme précepteur du neveu d’Emerson. Il lui est impossible de s’habituer à la vie urbaine. L’expérience ne dure que huit mois, puis est avortée. Thoreau développe une haine insatiable de l’illusion technologique et de l’idéologie du progrès. Il dénonce la ville au nom de la campagne. Nature contre Société, le conflit est assumé, et il traverse la vie et la pensée de Thoreau de bout en bout. Dégouté de New York, il revient à Concord. La liberté n’est possible qu’au milieu de la nature sauvage. Thoreau monte un projet : s’installer en pleine forêt.

Mais, avant d’aller vivre dans les bois, Thoreau met involontairement feu à celui de Concord, en avril 1844. Ne parvenant pas à éteindre l’incendie, il décide joyeusement de monter sur la colline la plus proche pour profiter du spectacle de cet embrasement inouï. De son malheur (il met feu à ce qu’il chérit le plus, et ses concitoyens de Concord le condamnent fermement), Thoreau essaie malgré tout de tirer le meilleur. De sa nuit en prison à la veille de sa mort, dans les pires moments de sa vie, Thoreau n’a de cesse de focaliser son attention sur les aspects positifs de chaque évènement. Jamais il ne cède au sentimentalisme, à la nostalgie ou au désespoir.

A Walden

En juillet 1845 Thoreau débute sa fameuse expérience de vie sauvage. Au bord de l’étang de Walden, propriété de son ami Emerson, il bâtit de ses mains une cabane en bois de treize mètres carrés. Il fabrique aussi les ustensiles, deux chaises et une cheminée. Désormais éloigné de Concord, où il ne supportait plus le contact avec ses concitoyens, Thoreau a acquis sa liberté. Il tient ses comptes minutieusement, et calcule que, pour 28,12 dollars, il a bâti sa maison et conquis sa liberté. Le 4 juillet 1845, alors que toute l’Amérique fête la déclaration d’indépendance, Thoreau s’éclipse des festivités et emménage dans sa cabane. C’est sa déclaration d’indépendance. En s’installant au bord de l’étang, Thoreau inaugure la longue tradition de la « simplicité volontaire », parfois rebaptisée « sobriété heureuse », dont le principe essentiel consiste à simplifier son mode de vie pour améliorer sa qualité de vie. Mieux vaut avoir une « vie riche » qu’une « vie de riche ». Théorisé par Richard Gregg, disciple de Gandhi, ce courant de pensée est aujourd’hui lié à la figure d’Ivan Illich et à son modèle de « convivialité ».

Walden

Cet acte est symbolique. Il éclaire deux aspects de la pensée de Thoreau : sa conception de la liberté comme solitude et communion avec la nature ; et sa volonté de surprendre pour éveiller les consciences. En s’établissant seul au bord d’un étang, Thoreau acquiert ce qu’il considère comme la liberté. C’est dans la solitude qu’il atteint l’autonomie. « Je trouve salutaire d’être seul la plus grande partie du temps, affirme-t-il. Etre en compagnie, fut-ce la meilleure, est vite fastidieux et dissipant. J’aime à être seul ». Cette solitude est relative, puisqu’un jour sur deux il se rend en ville, à Concord, où il participe aux réunions des transcendantalistes et d’où il ramène des repas préparés par sa mère. Il ne s’agit donc pas de vivre en autarcie, mais de prendre une distance raisonnée vis-à-vis de la société. Cet éloignement s’explique par l’inclination misanthrope du personnage. Thoreau exècre les masses, serviles et abruties. Les élites politiques, économiques et culturelles ne trouvent pas plus grâce à ses yeux. Fi de la société, donc. Seule la nature est en mesure de garantir l’épanouissement de l’individu. La liberté est vécue comme un retour aux sources. Thoreau admire les Indiens, premiers habitants du continent américain. Leur massacre par les colons anglais est qualifié de « crime contre l’humanité ». Thoreau, par ailleurs, voue la civilisation moderne aux gémonies pour avoir détruit et déprécié les paysages, et avoir perdu le contact avec la nature. La liberté n’est rien d’autre qu’une communion avec la vie sauvage. Le luxe et le confort sont de faux besoins. Il faut se contenter des biens strictement nécessaires à notre existence biologique. Pour ce faire, la vie doit être simplifiée dans toutes ses dimensions : le logement, l’habillement, l’alimentation, etc. La liberté passe en effet par un retour à la « vie primitive ». Par ce retour, Thoreau met ses actes en conformité avec son discours. Outre la dimension existentielle de ce geste, l’installation à Walden a aussi une portée stratégique, visant à interpeller la conscience d’autrui. En se mettant à l’écart, Thoreau devient digne d’intérêt, il suscite la curiosité de ses concitoyens. D’après Michel Granger, « lorsqu’il [Thoreau] passe à l’acte pour mettre en pratique sa vision, il réalise une subversion exemplaire destinée à réveiller tout ceux qui sont aliénés par les conventions, les habitudes. […] En stimulant leur capacité de s’émerveiller du réel ordinaire, il leur offre un modèle de régénération potentielle qui, à un stade ultérieur, pourrait conduire à l’amélioration de la société, si beaucoup d’individus s’engageaient dans l’effort de culture de soi qu’il propose ».

Dans la journée du 24 juillet 1846, Thoreau quitte sa cabane pour se rendre chez son cordonnier. Sur le chemin, il est arrêté par le percepteur d’impôts Sam Staples, qui lui ordonne de régler les six années de taxes impayées qu’il doit à l’Etat. Thoreau refuse de se soumettre à l’impôt en signe de protestation contre la politique esclavagiste et belliciste du gouvernement. Il est alors conduit en prison, où il passe une nuit, puis est libéré le lendemain, la caution ayant été payée par un inconnu – peut-être sa tante. Libre, Thoreau enfile ses chaussures et part, candide, à la cueillette aux airelles. Ce refus de l’impôt, suivi du séjour en prison, est central dans la vie du philosophe. C’est en se fondant sur cet événement – qui assurera sa célébrité et son passage à la postérité – que Thoreau écrira en 1849 l’essai « Résistance au gouvernement civil », réédité ensuite sous le titre « La désobéissance civile ». Il existe des lois injustes, auxquelles nous ne devons pas consentir à obéir, car il s’agit de faire prévaloir la justice sur le droit, d’être homme avant d’être sujet. En outre, dès que l’on juge une loi injuste, il convient de l’enfreindre. Il est impératif de mettre en cohérence ses actes et son discours. Thoreau regrette que la plupart de ses concitoyens obéissent en se contentant de formuler, de temps à autre, une critique purement verbale. Les paroles ne sont que du vent. Et celui qui s’en contente ne fait rien pour changer le monde. Il faut impérativement mettre ses idées en pratique. Si le gouvernement injuste n’est pas inquiété, c’est précisément car « il y a des milliers de gens qui par principe s’opposent à l’esclavage et à la guerre mais qui en pratique ne font rien pour y mettre un terme ». Thoreau, cinglant, conclut : « Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux ». Il appelle ainsi ses concitoyens à agir, à désobéir. Selon le principe de complicité passive, l’indifférence envers le mal est une manière de le cautionner. Ne rien faire, c’est laisser faire. Thoreau se veut sans compromis envers les lois injustes. Nous sommes soit dans la résistance, soit dans la collaboration. Il n’y a pas de voie médiane. La neutralité est une illusion destinée à flatter notre bonne conscience.

Le 6 septembre 1847, Thoreau quitte soudainement sa cabane. Il ne s’en explique pas. On peut cependant supposer que les vingt-six mois passés à Walden lui ont permis de mettre en pratique ses idées sur la communion avec la nature et la liberté comme indépendance, et qu’il s’agit désormais de passer à une nouvelle étape. Thoreau n’a jamais défendu l’autarcie et la vie d’ermite. De même, il n’a jamais prôné une rupture définitive avec la société. Les vingt-six mois à Walden étaient une expérience qui, en tant que telle, a une fin. Désormais, et jusqu’à sa mort, Thoreau entre dans une période nouvelle, celle de l’expérience politique.

Après Walden

En 1848, après quelques mois passés chez Emerson, qui voyage pour sa part en Europe, Thoreau retourne habiter chez ses parents. Il gagne sa vie à la fabrique de crayons et par des travaux d’arpentage et de construction. Il passe toujours de nombreuses heures à se promener dans les bois. Au cours de ses longues marches, il collectionne des spécimens pour le naturaliste Louis Agassiz, célèbre professeur à Harvard. Dans ses carnets, Thoreau note minutieusement ses observations sur la nature (deux millions de mots au total, qui formeront un précieux matériau de base pour ses écrits sur l’histoire naturelle).

En 1849, Thoreau publie « Résistance au gouvernement civil » à compte d’auteur – à partir de 1866 l’essai sera connu sous le nom « La désobéissance civile ». La majorité des spécialistes de Thoreau s’accordent à dire que s’il a refusé de payer ses impôts, c’était uniquement par souci de conformer ses actes à sa conscience. Thoreau, précisent-ils, n’a jamais souhaité lancer un mouvement collectif et politique contre l’esclavage. Il s’agissait pour lui d’un acte strictement individuel. Mais cette interprétation est démentie par le fait même que Thoreau ait pris la double peine de justifier son acte dans un essai de quarante pages, puis de publier cet essai avec ses deniers personnels. C’est la preuve en actes que Thoreau souhaitait porter ses idées à la connaissance de tous. Il souhaitait convaincre. Son engagement était public et sous-tendue par une indéniable aspiration politique.

Son militantisme ne s’arrête pas à cet épisode du refus de l’impôt. Entre 1851 et 1853, Thoreau aide de nombreux esclaves fugitifs à passer au Canada. En 1854, après un long travail de reprise, le manuscrit de Walden est publié par l’éditeur Ticknor and Fields. L’ouvrage suscite l’admiration. Il est le premier succès littéraire de Thoreau. Ni entièrement autobiographique ni romanesque, ce livre relate les vingt-six mois de Thoreau au bord de l’étang. Il y aborde des thèmes comme la solitude, l’économie, la lecture et le retour à la nature. A cette époque Thoreau voyage beaucoup, notamment au Québec, dans le Maine et dans la région des grands lacs. Il observe de magnifiques paysages, qu’il décrit dans ses ouvrages.

En 1859, trois ans avant sa mort, Thoreau s’engage une dernière fois pour la cause abolitionniste, à travers sa défense de John Brown – un abolitionniste convaincu pour qui l’émancipation des Noirs ne pouvait éviter de passer par les armes. En octobre 1859, le capitaine John Brown prend la tête d’un commando qui attaque et s’empare de l’arsenal de Harpers Ferry, en Virginie. Mais, le lendemain, l’armée américaine donne l’assaut, tue dix des hommes de Brown, et reprend l’arsenal. Brown est arrêté et condamné à mort. Il est pendu le 2 décembre. Thoreau, déçu par le désaveu de nombreuses personnalités abolitionnistes à l’encontre de John Brown, prononce un plaidoyer pour sa défense. Dans ce texte hagiographique, Brown est idéalisé. Thoreau, par ailleurs, y défend la force armée et le meurtre comme méthodes de lutte légitimes contre les esclavagistes : « Brown avait sa théorie : tout homme a le droit absolu d’intervenir par la force contre le propriétaire d’esclaves afin de sauver l’esclave. Je suis de son avis […]. Je n’ai envie ni de tuer ni de me faire tuer, mais je peux imaginer que le temps viendra où l’un et l’autre seront inévitables ». Le « pacifisme » de La désobéissance civile disparaît ici au profit d’un militantisme agressif et violent. Pourtant, par son intervention, Thoreau réussit à rallier beaucoup de gens à la cause de Brown.

En décembre 1860, l’état de santé de Thoreau – tuberculeux depuis longtemps – s’aggrave fortement. A un proche qui lui demande son sentiment sur la mort qui approche, Thoreau répond : « Un seul monde à la fois ». Quand on est en train de mourir, on n’est pas encore mort, c’est donc qu’on est encore vie. La philosophie thoreauvienne invite à s’investir pleinement dans l’instant présent. Une seconde vécue vaut davantage qu’une éternité dans le futur. Il refuse les antidouleurs car il souhaite tout ressentir jusqu’à la fin. A sa tante qui, la veille de sa mort, lui demande s’il s’est enfin réconcilié avec Dieu, Thoreau rétorque : « Ah bon! Je ne savais pas qu’on s’était disputés ». Il meurt à Concord le 6 mai 1862, âgé de 44 ans.

Henry David Thoreau, une vie philosophique

Pour citer cet article : http://bullesdesavoir.com/2016/06/06/henry-david-thoreau-une-vie-philosophique/ © Bulles de Savoir

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