Les religions face à l’intolérance. Vaincre la politique de la peur

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Ouvrage de référence : Martha C. Nussbaum, Les religions face à l’intolérance. Vaincre la politique de la peur, Flammarion, coll « Climats », Paris, 2013, 361 p.

Rencontre avec Martha Nussbaum dans son bureau à l'Université de Chicago © Bulles de Savoir

Rencontre avec Martha Nussbaum à l’Université de Chicago © Bulles de Savoir

En refermant Les religions face à l’intolérance, nous ne pouvons que constater que la philosophe américaine Martha Nussbaum a réussi à relever un pari que d’aucuns pensaient impossible à une époque marquée par la recherche permanente du profit et le mépris pour la philosophie : montrer que cette dernière « a bien cette portée pratique que lui attribuaient les Grecs, dans la mesure où elle nous donne les instruments pour penser les problèmes qui nous préoccupent. » (p. 92) Or, voilà que depuis le 11 septembre 2001, les démocraties occidentales multiculturelles connaissent « [une] montée de la peur et [une] hostilité à l’égard de la religion » (p. 40). De l’avis de Nussbaum, cette « montée » et cette « hostilité » ne doivent rien au hasard : elles sont le fruit d’une « politique de la peur ». L’auteure insiste sur le fait que sans la peur, « nous serions incapable de prendre la mesure de certains périls mortels et de nous en protéger, nous-mêmes et autrui » (pp. 41-42), mais qu’« inversement, la peur peut donner lieu à des comportement aberrants et imprévisibles » (pp. 41-42). Aussi, déplore-t-elle le fait que l’on confie aujourd’hui « la mission de sauvetage de la nation et du monde libre » non plus à des intellectuels de la trempe des philosophes John Langshaw Austin et Williard Quine, qui, au cours de la Seconde Guerre mondiale, apportèrent respectivement au Secret Intelligence Service et et à la Marine américaine « leur compétence et leur autorité » (p. 85). Leur ont succédé, à son grand regret, des idéologues comme Robert Spencer et Brigitte Gabriel. Nussbaum en est convaincu : faire appel à ces « gens » a rendu le temps présent que plus dangereux (p. 85). Seulement voilà, certains travaux, tels ceux du professeur de psychologie à Harvard Steven Pinker, suggèrent au contraire une « régression de la violence » dans le monde en général, dans nos démocraties libérales en particulier. L’on pourra aussi objecter à Nussbaum que, depuis le 11-Septembre, les actions terroristes commises dans nos sociétés par des islamistes radicaux répondent à l’intervention des troupes occidentales en Irak et en Afghanistan, intervention en faveur de laquelle se prononcèrent les experts néo-conservateurs membres de l’administration Bush et dont leur maître à penser était le célèbre professeur de philosophie à l’Université de Chicago Leo Strauss (1899 – 1973). Alors que les responsables politiques européens et américains ont choisi depuis plus d’une décennie de « faire face au climat de peur actuel » (p. 91) en imposant toujours plus de restrictions à la liberté religieuse, l’auteure propose une autre voie que celle de l’inflation législative : la voie de l’imagination.

La peur de l’islam

Des croyances et pratiques religieuses, celles des musulmans sont singulièrement celles qui se voient imposer le plus de restrictions. Il n’a sans doute pas échappé à certains que

[t]rois pays d’Europe – la France, la Belgique et l’Italie – ont voté des lois interdisant le porte de la burqa et du niqab (qui couvrent le visage à l’exception des yeux) dans les lieux publics. (…) Au même moment, de nombreux pays d’Europe ont imposé des règles sur le foulard, qui ne couvre que les cheveux. (…) En Suisse (…), les votants, consultés par référendum, se sont prononcés à 57% pour l’interdiction de la construction de minarets dans les mosquées. (pp. 19-21)

Cette peur de l’islam a conduit divers édiles transalpins à interdire dans « plusieurs communes de la région de Bergame et de Gênes » (p. 21) les commerces de kébabs, au motif que cette cuisine est étrangère à la culture occidentale, étant entendue que cette culture désigne celle sortie du ventre judéo-chrétien (p. 22). Que les les lecteurs me permettent de leur rappeler ici que, à l’automne 2015, en France, le maire de Béziers, Robert Ménard, usa d’une rhétorique identique pour justifier son opposition à l’ouverture dans sa ville de nouveaux commerces du même type.

Le propre de la philosophie étant d’aller contre les idées reçues, l’un des mérites de Nussbaum est ainsi de montrer que l’islamophobie a également plus ou moins gagné l’Europe du Nord, alors qu’on « imagine généralement [cette partie] du vieux continent comme une zone de tranquillité où règnent tolérance et bienveillance idéales » (p. 22). En Finlande, pays que l’auteure connaît bien pour s’y rendre régulièrement depuis une vingtaine d’années dans le cadre de ses activités professionnelles, l’aversion pour les musulmans a notamment donné lieu à de la « discrimination à l’égard des femmes voilées dans le monde du travail », à l’interdiction un temps durant « du port du foulard pour les les élèves des écoles du canton de Raseborg », à la suppression par « les crèches municipales d’Helsinki et d’Espoo des menus spéciaux proposés aux enfants musulmans » (p. 22). C’est cependant en Norvège que le sentiment antimusulman s’est manifesté dans sa forme la plus extrême, à travers les crimes perpétrés en juillet 2011 par Anders Behring Breivik. Des crimes dont les justifications islamophobes étaient contenues dans « un manifeste de mille cinq pages [que] Breivik a mis en ligne le jour des attentats » (p. 23). Des crimes qui, selon Martha Nussbaum, doivent inviter le public à se défaire de cette fâcheuse habitude à ne voir des terroristes que chez les musulmans (p. 69, 78-80). J’irai même plus loin : quand on sait qu’il existe un lien entre la délinquance et le terrorisme, quand on sait également que les quartiers populaires n’ont pas le monopole de cette délinquance et que le terrorisme peut prendre la forme d’un terrorisme d’État, État au sommet duquel on trouve très rarement, en Occident, des personnes de confession musulmane, comment une telle habitude blessante peut-elle encore se maintenir ? Et si l’on admet que l’islam radical n’est pas l’unique source du terrorisme, comment pénétrer l’univers « des blogs paranoaïques sur une éventuelle prise du pouvoir par les musulmans, [d’où] est sorti Breivik » (p. 79), si le gouvernement décide, comme c’est le cas en France depuis peu, de les bloquer ?

Un décalage apparaît aussi aux États-Unis entre l’image qu’ont les citoyens de leur société (« une société accueillante et ouverte à la diversité, une société ayant dépassé les préjugés du passé ») et la place que ces mêmes citoyens font réellement à la diversité religieuse. Comme en Europe, c’est, tout particulièrement depuis les attentats du 11-Septembre, sur l’islam que les projecteurs sont braqués et que pèsent les soupçons (pp. 80-81). Incendie, protestations, menaces, vandalisme contre des lieux de culte musulman (pp. 28-30), inégal accès à l’emploi (p. 32), discrimination à l’encontre de femmes voilées sur le lieu de travail comme à l’aéroport (pp. 26-27), ou encore refus aux citoyens américains musulmans de « l’application potentielle de la charia » (p. 30 ; le ministère de l’Intérieur britannique semble plus conciliant sur ce point) : « ces incidents sont autant de preuves de la montée d’un sentiment antimusulman aux Etats-Unis. » Résultat : « les musulmans ont de plus en plus le sentiment d’être victimes de discrimination ». Le risque est alors, si l’on en croit les auteurs d’une étude citée par Martha Nussbaum, de voir les musulmans refuser à l’avenir « coopérer avec le reste de la société. » p. 81, 157-158) On comprend dès lors aisément l’intérêt que présentait pour le gouvernement français un slogan comme « Pas d’amalgame », entendu aux lendemains des attentats du 13 novembre 2015 survenus à Paris.

Quand on sait qu’il a fallu attendre trente ans pour que paraisse la version française de l’ouvrage monumental grâce auquel Nussbaum acquit sa renommée internationale, on peut se réjouir que dans un pays comme la France, où, depuis 2009, se poursuit le « Grand débat sur l’identité nationale », il a fallu seulement patienter un an pour découvrir en 2013 Les religions face à l’intolérance. Les lecteurs apprendront que c’est la représentation dont les Européens ont de l’identité nationale, par rapport à la façon dont les Américains la conçoivent, qui, selon Martha Nussbaum, explique l’absence Outre-Atlantique de quelque chose « s’apparent[ant] aux interdictions portant sur la tenue musulmane dans divers pays et régions d’Europe, [ou] au référendum sur les minarets en Suisse. » (p. 32) En Europe, « l’appartenance à un même sang, à un même sol, à un même ensemble ethnolinguistique et une même religion » représentent des ingrédients indispensables à la formation de cette identité (p. 33, 137). En d’autres termes, l’appartenance passe ici par « un écrasement des différences [de chacun] » (selon la terrible formule de l’historien Denis Lacorne). L’appartenance à la nation est en revanche définie aux Etats-Unis « en termes d’idéaux et de combats politiques à mener » (p. 36). Nussbaum estime qu’il s’agit là de la raison pour laquelle son pays est « sans doute moins réfractaire à l’hétérogénéité » (p. 32), même si elle n’oublie pas que, au cours de l’histoire des Etats-Unis, sous l’influence notamment du mouvement nativiste, les nouveaux groupes religieux n’ont pas toujours été bien accueillis (pp. 24-25). Dans la constellation des penseurs politiques américains des vingt-cinq dernières années, Susan Moller Okin (1946-2004) est, pour moi, celle qui exprima avec le plus force une défense de l’universalisme, à travers une critique particulièrement subtile d’un certain islam qui lui paraissait incompatible avec les valeurs occidentales héritées des Lumières, en l’occurence, les valeurs de liberté et d’égalité entre les individus. Dans « Le multiculturalisme nuit-il aux femmes ? », un article paru pour la première fois en 1997 dans la Boston Review et auquel répondront une dizaine des plus célèbres spécialistes au monde du féminisme et du multiculturalisme, Okin, pour qui le féminisme est « la croyance que les femmes ne doivent pas être désavantagées par leur sexe, qu’on doit leur reconnaître une dignité humaine égale à celles des hommes, ainsi que la possibilité de vivre des vies aussi épanouissantes et librement choisies que les hommes », souligne que dans nos sociétés multiculturelles, certaines femmes voient leurs droits individuels bafoués. De son aveu, cette violation se produit au sein de groupes minoritaires dont les cultures sociétales, « au rôle aussi fondamental et étendu dans la vie de leurs membres », « sont menacées d’extinction ». De fait, pour éviter leur mort, certains groupes minoritaires, soutenus par des personnes n’en faisant pas partie, revendiquent des droits spécifiques qui, dans l’intérêt de la communauté, entraînent la relégation au second plan de l’intérêt de leurs membres. Or si les femmes sont les principales victimes de cette relégation, c’est parce que, depuis sa thématisation en 1971 au Canada, le terme de multiculturalisme valorise dans nos sociétés « l’indépendance et l’auto-affirmation des groupes culturels » issus des vagues migratoires en provenance notamment du Maghreb et de l’Afrique Sub-saharienne : des groupes à la culture patriarcale. Ce qui explique sans doute pourquoi Susan Moller Okin considère que, « d’un point de vue féministe, il n’est pas clair du tout que les droits collectifs pour [c]es groupes minoritaires soient « une partie de la solution ». »

Imaginer la situation d’autrui

Contre l’emprise de la peur, à cause de laquelle « nous avons beaucoup de mal à percevoir la réalité et l’intérêt d’autrui car nous sommes polarisés sur nous-mêmes et ne voyons l’autre qu’à travers le voile opacifiant de nos propres besoins et nos propres projets » (p. 88), Martha Nussbaum nous exhorte, dans des pages qui sont très certainement les plus émouvantes de son essai (pp. 195-255), à nous montrer empathique à l’égard d’autrui. Pour illustrer la blessure que peut infliger à l’Autre notre incapacité à le voir en nous décentrant, l’auteure cite (pp. 195-196) le prologue de l’oeuvre majeur du romancier afro-américain Ralph Ellison (1914 – 1994), Homme invisible, pour qui chantes-tu ? :

Je suis un homme qu’on ne voit pas. […] Je suis un homme réel, de chair et d’os, de fibres et de liquides – on pourrait même dire que je possède un esprit. Je suis invisible, comprenez bien, simplement parce que les gens refusent de me voir. […] Quand il s’approchent de moi, les gens ne voient que mon environnement, eux-mêmes ou des fantasmes de leur imagination – en fait, tout et n’importe quoi sauf moi. Cette invisibilité dont je parle est due à une disposition particulière des yeux des gens que je rencontre. Elle tient à la construction de leurs yeux internes, ces yeux avec lesquels, par le truchement de leurs yeux physiques, ils regardent la réalité.

Cultiver son « regard interne » consiste donc à ne pas verser dans une forme de solipsisme, mais à imaginer la situation des autres. Nussbaum est convaincue que, en la matière, nous pouvons parfaire notre éducation grâce aux oeuvres du passé : ces oeuvres, et je souscris pleinement à son interprétation, « aident l’imagination à rompre les amarres narcissiques qui la maintiennent dans une position de repli, et la transportent dans une réalité distante ou difficile à appréhender par certains aspects. » (pp. 206-207) Le lecteur trouvera ainsi de passionnantes analyses d’ouvrages qui ne sont pas destinées qu’aux seuls adultes (pp. 208-255), dans la mesure où « nos opinions à l’égard des autres religions se forment très tôt. » (p. 238) En nous aidant à sortir de nous, les œuvres du passé, nous amèneraient donc, au moyen de l’imagination, à reconnaître l’autre comme notre alter ego. On comprend alors quel intérêt l’imagination peut présenter dans la domaine de la croyance et des pratiques religieuses : elle nous aide, selon Nussbaum, à voir que nous ne sommes pas en présence de croyance et de pratiques religieuses menaçant notre sécurité. De ce fait, toutes les consciences mériteraient pour elle d’être traitées avec le même respect (pp. 91-140), étant entendu que « conscience et dignité sont étroitement liées » (p. 99) et que « la notion de dignité semble tirer sa substance de ses rapports avec d’autres notions, telle celle de respect » (p. 95). Nussbaum croit que la solution américaine, élaborée à partir du principe lockéen de neutralité de l’Etat à l’égard des croyances et pratiques religieuses et de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le principe de l’accommodement dont Roger William jeta les bases (pp. 103-131), est plus propice à nous faire saisir la notion d’égalité de respect que la solution européenne, dans la mesure où, contrairement aux systèmes juridiques des Américains, ceux des Européens « ne témoignent pas d’un souci d’équité à l’égard des minorités dans les domaines où la majorité fait loi, ni d’une quelconque prise en considération des pratiques minoritaires » (p. 93), alors même que les uns et les autres s’accordent pour tenir que tous les humains sont égaux en dignité (p. 94, 98). Liberty of Conscience (2008) indiquait déjà de quel côté penchait le cœur de l’auteure : l’ouvrage était en effet sous-titré In Defense of America’s Tradition of Religious Equality (« Une défense de la tradition américaine de l’égalité en matière de religion »). La négligence dont les nations européennes se rendent coupable à l’égard des pratiques minoritaires revient, d’après Nussbaum, à reconnaître une « religion d’Etat » (pp. 134-137). Conséquemment, « les minorités risquent fort de se trouver confrontées à des difficultés que ne connaîtra jamais la majorité. » (p. 134) Seule la solution américaine peut, selon l’auteure, permettre à l’Europe d’éviter cette situation : elle doit donc l’adopter sans plus attendre (p. 94), en particulier elle doit adopter « le principe de l’accommodement » (p. 127) car il « permet de débusquer des formes subtiles de discriminations omniprésentes dans toute démocratie de majorité » (p. 127). Or, à travers cette défense du principe d’accommodement, qui n’a pas définitivement montré sa supériorité sur la tradition lockéenne tant sa mise en application se révèle parfois compliquée (pp. 128-131), Nussbaum ne fait-elle pas, alors qu’elle condamne la partialité de certains Etats dans la traitement des croyances et pratiques religieuses, « l’éloge de partialités différenciés » (Ygaël Attali) ?

De la partialité, Nussbaum dit qu’elle « est un affreux travers, c’est peut-être même, comme le suggère Kant, l’archétype de la faute morale. » (p. 193) Elle est ce qui nous fait voir la paille dans l’oeil de notre prochain mais pas la poutre dans le nôtre (pp. 141-193). Dans nos sociétés occidentales, l’attitude des majorités à l’égard de la burqa est emblématique de ce type de raisonnement profondément égoïste. C’est avec beaucoup d’ironie, de dextérité rhétorique, et en partageant avec le lecteur des anecdotes personnelles, que Nussbaum parvient à dénoncer l’incohérence ou l’hypocrisie de la majorité. Une majorité qui se montre incohérente ou hypocrite lorsque, par exemple, elle use de l’argument sécuritaire pour interdire le port du voile intégral (pp. 150-158). Or, ne nous arrive-t-il pas, par certaines journées d’hiver glaciales, de marcher « dans la rue, le bonnet enfoncé jusqu’aux yeux, l’écharpe enroulée sur la bouche et le nez, sans que cela soulève un quelconque problème de transparence ou de sécurité »  (p. 151) ? Et lorsqu’un chirurgien-dentiste procède à une dévitalisation, nous viendrait-il à l’esprit de lui demander d’ôter, « en plus du masque réglementaire », « l’appareil qui lui recouvre totalement les yeux et lui sert de loupe » (p. 152) ? Interdire le port de la burqa au nom de la transparence dans les relations entre citoyens est tout aussi absurde pour Nussbaum quand on sait que « rien ne nous empêche d’avoir une conversation avec une personne portant des lunettes de soleil » (p. 159). En d’autres termes, « nous sommes capables de nous adapter rapidement aux modes de communication qui nous sont offerts » (p. 159). L’on pourra toujours rétorquer à Nussbaum que la décision de porter un bonnet et une échappe pour nous prémunir du froid, ou un appareil « pour avoir une vision exacte d’un espace très réduit » (p. 152) de la bouche, est contrainte par la nécessité, tandis que celle de cacher son visage derrière un voile est motivée par des considérations religieuses. Cette objection est acceptable à la condition de ne pas considérer l’interdiction du port de la burqa comme une « mesure vexatoire » au sens lockéen (p. 107). Aux yeux de Nussbaum, l’absence de cohérence des opposants à la burqa est également évidente quand ces derniers jugent « la burqa comme un symbole de la domination masculine faisant de la femme un objet » (p. 162), mais ne « proposent pas d’interdire toutes les pratiques réificatrices » (p. 164) telles la pornographie ou la chirurgie esthétique (p. 185). A travers la réfutation des arguments (dont je n’ai pas reproduit ici la liste dans son intégralité) avancés par les partisans de l’interdiction du voile intégral, l’objectif de Nussbaum est clair : montrer que l’absence de cohérence nous rend « injustes envers autrui » (p. 144). Pour dépasser un tel comportement que « nous sommes d’autant plus enclins à tenir ou à accepter que la peur s’empare des esprits » (p. 148), l’auteure s’efforce, livre après livre, à nous encourager à nous montrer ouvert à l’égard de nos voisins.

Victor SERRE

Pour citer cet article : http://bullesdesavoir.com/2017/02/11/les-religions-face-a-lintolerance-vaincre-la-politique-de-la-peur/ © Bulles de Savoir

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